OLIVIER KAFORO
12 Novembre 2009
Kinshasa — La lutte contre les violences sexuelles préoccupe plusieurs ONG des droits de l'homme en RDC. C'est dans ce cadre que la Ligue de la zone Afrique pour la défense des droits des enfants et élèves (Lizadeel) a organisé une journée à l'intention des opérateurs judiciaires, afin de réfléchir autour de cette problématique.
Les droits des victimes de violences sexuelles doivent toujours être pris en compte, dans le traitement des dossiers relatifs aux violences sexuelles. C'est ce qui ressort de la journée de réflexion organisée, le mardi 10 novembre 2009 par la Ligue de la zone Afrique pour la défense des droits des enfants et élèves (Lizadeel) au Centre de rééducation pour handicapés physiques (CRHP), situé dans la commune de la Gombe.
Les participants devaient réfléchir sur la prise en charge judiciaire des enfants victimes de violences sexuelles. Ont pris part à ces travaux, des ONG de défense des droits de l'homme, des opérateurs judiciaires ainsi que des représentants des organismes internationaux.
Selon les organisateurs, cette journée de réflexion rentre dans le cadre de la campagne de lutte contre les violences faites à l'enfant. Une campagne financée par l'Organisation des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et dont le lancement officiel a eu lieu au mois de septembre 2009.
Après échanges, les participants ont formulé plusieurs recommandations. Au gouvernement, ils lui demandent de prendre ses responsabilités en garantissant les bonnes conditions de travail aux opérateurs judiciaires. Afin que ces derniers rendent réellement service aux justiciables.
Aux autorités judiciaires, ils ont recommandé d'accorder la valeur de preuve au certificat établi par un médecin dans le cadre d'enquête lors des investigations judiciaires.
Il a été également demandé aux magistrats de cesser d'accorder de manière abusive la liberté provisoire aux auteurs de violences sexuelles. Aux parents, les participants ont recommandé de bien accomplir le devoir qui est le leur. Celui de veiller à l'éducation des enfants et de tout mettre en oeuvre pour garantir une éducation de qualité aux enfants. De façon à les épargner d'un comportement qui les expose aux violences sexuelles.
«Il était impérieux d'échanger ce jour, afin de mettre en place des stratégies pouvant permettre aux intervenants impliqués dans la lutte contre les violences sexuelles de surmonter toutes les difficultés liées à l'accès à la justice. Une manière de s'engager dans la lutte contre l'impunité des auteurs des violences sexuelles contre les enfants», a déclaré le secrétaire exécutif de la Lizadeel, Emery Nkanka. Par la même occasion, la Lizadeel a indiqué que, de janvier à octobre 2009, elle a enregistré près de 530 victimes de violences sexuelles dans la seule ville de Kinshasa. Soixante-deux cas ont bénéficié d'un accompagnement judiciaire de cette ONG. Cela, avec l'appui de l'Unicef.
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