Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: La plupart des dirigeants du continent souhaitent mourir au pouvoir

Ben-Clet

12 Novembre 2009


Kinshasa — A peine promulguée en avril 2006, la Constitution de la RDC fait l'objet de marchandages visant la modification de certaines de ses dispositions. Chut ! On peut, pour emprunter à mon alter ego Yoka, se demander entre « citoyens d'en bas ». Quelle est la finalité de cette gymnastique si prisée dans les pays pauvres lourdement endettés (PPLE) ?

Les dirigeants, c.-à-d. les gens d'en haut, se seraient-ils rendu compte, à mi-chemin, que pour mieux faire la prochaine fois au profit de la nation, ils ont impérieusement besoin des réajustements constitutionnels sur mesure ?

Sur base de présomptions, les peuples s'arrogent le droit de s'inquiéter de la course effrénée à la manipulation intentionnelle de la Constitution. Et ils ont leurs raisons. Qualifiez-les de subjectives ou d'intuitives. Peu importe.

Fort malheureusement, la « révisitation » de la Constitution n'est pas l'apanage de la RDC. Loin s'en faut. Bien d'autres pays pauvres d'Afrique l'ont longtemps précédée sur la voie de la déperdition constitutionnelle. A titre illustratif, citons, dans l'ordre alphabétique, l'Algérie qui a amendé sa constitution en 2008 pour permettre au président Abdelaziz Bouteflika de briguer la présidence autant de fois qu'il sera en vie.

Au Burkina Faso, Blaise Compaoré est là depuis 1987. En 2010, il sera encore candidat. Au Cameroun, Paul Biya, en place depuis 1982, a tordu le cou à la constitution de 1996. Au Gabon, Omar Bongo était aux affaires depuis 1967. Il a sagement attendu sa mort, en 2009, pour quitter la scène.

En Namibie, Sam Nujoma s'était payé un 3ème mandat. Son successeur, Hifikepunye Pohamba, s'arrêterait (!) à deux. Au Niger - aïe ! - Mamadou Tanja s'est arrogé des pouvoirs exceptionnels pour mourir au pouvoir. Au Nigeria, Olusegun Obasanjo (1976-1979 et 1999-2007) n'a été découragé que par le Peuple en 2006.

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L'Ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, a juré de mourir au pouvoir. Au Tchad, Idris Deby (1996) a supprimé la limitation du nombre de mandats. Il suit ses modèles. Au Togo, Gnassingbé Eyadema est mort au pouvoir (1967-2005). Voeu accompli.

En Tunisie, Ben Ali est en place depuis 1987. Il est réélu avec un score à la soviétique. En Zambie, Frederik Chiluba a été contrarié par le peuple, lequel a préservé le caractère sacré de la Constitution. L'Afrique, à la lecture de ce tableau, n'est-elle capable que d'enfanter des prédateurs de la Constitution ? Quand naîtront alors les créateurs du développement ?

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