Steven Ozias KIEMTORE
12 Novembre 2009
Une rencontre internationale se tient du 10 au 12 novembre 2009 à Ouagadougou sur le biocarburant. Initiée par le ministère en charge de l'Energie, l'Institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement (2iE) et d'autres partenaires, cette conférence ambitionne de faire ressortir les avantages et les inconvénients de la production de cette substance en Afrique.
Pour le ministre en charge de l'Energie, Abdoul Kader Cissé, le jatropha, la graine de coton et la canne à sucre sont utilisés pour la fabrication de biocarburant. Les participants sont venus de plusieurs pays pour débattre sur la question du biocarburant en Afrique. Trouver des ressources énergétiques alternatives pour juguler la crise pétrolière actuelle à laquelle l'humanité, fait face. C'est ce qui a motivé la tenue d'une conférence internationale sur le biocarburant à Ouagadougou. La rencontre se déroule du 10 au 12 novembre.
Cette conférence, organisée par le ministère en charge de l'Energie en collaboration avec l'Institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement (2iE) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), a pour thème : "Les biocarburants : facteurs d'insécurité ou moteur de développement". Les participants sont venus des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), de l'Union économique et monétaire ouest-africain (UEMOA), de l'Afrique du Sud, du Brésil (pays expérimenté dans la production du biocarburant), de la France, de l'Allemagne, etc. Réunis autour d'une même table, les hommes politiques, scientifiques et industriels de ces diverses nations vont échanger durant trois jours sur les différentes opportunités et difficultés que la production du biocarburant peut avoir sur le continent africain. Pour les initiateurs de la conférence, cette nouvelle forme de carburant constitue une ressource énergétique majeure et répond aux problèmes d'accès à l'énergie auxquels les populations du Sud sont confrontées depuis toujours. Par conséquent, la réunion va permettre de poser les jalons d'un débat franc entre les gouvernants, les scientifiques et les investisseurs privés.
Pour le ministre Aboulaye Abdoul Kader Cissé, bien qu'une première conférence sur la situation des ressources renouvelables ait été tenue en novembre 2007, il était opportun pour les acteurs de s'asseoir autour d'une même table pour faire le point du chemin parcouru. De même cette rencontre, selon ses responsables, vise à terme à situer les responsabilités des biocarburants dans la hausse des denrées de première nécessité et dans la crise alimentaire. Car depuis des années, une concomitance entre l'augmentation des prix des produits alimentaires et le développement de la production des biocarburants est observée. Une situation qui conduit les détracteurs de cette substance à l'accuser de soustraire des terres au profit des cultures qui entrent dans la production de l'énergie à base de biocarburant. En outre, il sera question de faire un diagnostic sur les usages et applications des biocarburants en rapport avec les stratégies de développement mises en place dans chaque pays africain. L'objectif est de définir les types de biocombustibles et les modèles de production et de transformation adaptés au développement des populations : production familiale à petite échelle, production villageoise, production intégrée dans une filière... Aussi, la nature des contrats noués entre les producteurs et les transformateurs va être passée à la loupe des conférenciers.
En définitive, pour ces derniers, cette démarche leur permettra de connaître les tenants et les aboutissants de l'utilisation des biocarburants en Afrique, notamment au pays des Hommes intègres. Au cours des discussions, les aspects environnementaux, économiques et sociaux seront pris en compte. "Nous attendons des conclusions des échanges, de vraies solutions face à la crise énergétique. Aussi, que nous puissions faire des options claires sur les filières de biocarburant à entreprendre au Burkina Faso", a confié M. Cissé. Aussi pour lui, la production et la distribution du biocarburant dans son pays doivent être en phase avec les textes législatifs, juridiques y afférant.Selon le directeur général de 2iE, Paul Genies, le problème de personnel africain capable de produire du biocarburant est en passe d'être résolu car au sein de l'Institut qu'il dirige, il y a plus de 12 doctorants qui se spécialisent dans la gestion des énergies renouvelables.
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