Midi Madagasikara (Antananarivo)

Madagascar: Guerre de « seza » sur fond de corporatisme

R. O

12 Novembre 2009


Après Addis-Abeba, la guerre de « seza » continue de plus belle.

Concernant notamment les 31 portefeuilles ministériels dont la répartition est la suivante selon l'article 10 de l'accord additionnel à la Charte de la Transition: 6 ministères de chaque pour les mouvances Rajoelina, Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy. Et 7 portefeuilles pour les autres sensibilités. En somme, les 3 vice-PM et les 28 ministres actuels ne seront pas tous reconduits. Ce qui explique toutes ces gesticulations de la part de certains futurs ex-ministres qui veulent donner l'impression d'avoir fait quelque chose en l'espace de 8 mois pour les uns et de 2 mois pour les autres.

Dénominateur. Les corps concernés ne restent pas non plus les bras croisés. C'est le cas au sein du ministère de la Sécurité intérieure qui reste divisé entre les partisans de la reconduction de Rakotomihantarizaka Organès et ceux qui avancent un ou d'autre(s) nom(s). Le dénominateur commun étant évidemment que le ministre soit issu du corps des contrôleurs ou inspecteurs généraux de la Police. Et de préférence en activité selon certains.

Consensus. Cet esprit corporatiste est également de mise pour le ministère de la Justice qui devrait immanquablement échoir à un magistrat. Pour ceux qui affirment avoir participé au « tolom-bahoaka », Christine Razanamahasoa devrait être reconduite. Un « jugement » qui ne fait pas l'unanimité au sein de la magistrature. Ce qui fait germer l'idée de s'en référer au Syndicat des Magistrats de Madagascar pour trouver un consensus et proposer des noms de ministrables.

Administration. Indépendamment de la mouvance qui est en titulaire, le corps des administrateurs civils exige aussi que le ministre de l'Intérieur soit issu de ses rangs. Cécile Manorohanta en sait quelque chose puisque sa nomination à l'Immeuble Patte d'Eléphant à Anosy avait provoqué, du moins les premiers jours, une levée de boucliers des administrateurs civils qui n'avaient rien contre la personne, mais estimaient que de par leur formation, un des leurs était mieux armé pour diriger le ministère de l'Intérieur qui est principalement en charge de l'administration du territoire.

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