Justin Blaise Akono
12 Novembre 2009
La deuxième audience écourtée hier à Yaoundé pour non communication de la liste des témoins.
La deuxième audience de l'affaire Titus Edzoa et ses trois co-accusés n'a pas perdu de sa superbe hier, à la salle 4 de la Cour d'appel du Centre. Salle empruntée par le tribunal de grande instance (Tgi) de Yaoundé Centre administratif, qui aurait dû commencer son audience «spéciale» à 9h comme l'avait indiqué la présidente Mangue Berthe le 27 octobre dernier. Mais, laquelle audience a commencé à 12h45, pour s'achever à 13h15. Quinze minutes de plus que lors de la première audience. Et le déploiement de la gendarmerie nationale, qui a failli s'en prendre au public présent à la cour du tribunal après l'audience, «pour des raisons de sécurité», est resté constant.
Une demi heure pour que les différentes parties se rendent compte que la liste des témoins n'a pas été notifiée à tous les accusés. Notamment Titus Edzoa dont l'un des avocats, Maître André Léonard Ndem a été étonné de constater que, selon ses informations, son client a été cité comme témoin du Ministère public. Il insiste pour que le parquet lui communique la liste des témoins. Ce que tempère l'un des représentants du ministère public pour qui la liste a été notifiée à l'un des avocats du «collectif».
«C'est un dilatoire de la défense, peut-être pour dégager la gorge avant la suite», a déclaré, ironique, le procureur de la République. En effet, la liste des témoins de l'un des accusés, Michel Thierry Atangana Abega lui a été notifiée. Or, pour les avocats, ils ne travaillent pas en collectif. Mais, chaque accusé a ses avocats. D'ailleurs, en début de l'audience, chaque accusé est appelé, puis, ses avocats.
Pour couper court à ces discussions sur les entorses procédurières, qui ont failli s'enliser, la présidente du tribunal et ses collaborateurs ont demandé au procureur de la République «que la liste des témoins soit communiquée aux accusés et qu'on ne s'attarde pas sur des inutilités».
Conseillant par ailleurs à l'avocat ayant reçu la liste de la communiquer à ses confrères. Par ailleurs, le tribunal, sur la base de la plainte, a constaté l'absence de l'Etat dans la salle d'audience.
«L'Etat du Cameroun a été cité et nous attendons le retour de cette citation et par ailleurs, savoir qui sera son représentant à ce procès», a indiqué la présidente du tribunal. En effet, la plainte précise : «Citation du ministère public et de l'Etat du Cameroun contre Edzoa Titus, Michel Thierry Atangana Abega, Isaac Njiemoun et M. Mapouna». Les charges qui pèsent sur les quatre sont : détournement, tentative de détournement, co-action de corruption et trafic d'influence. Le délit estimé à plus de 63 milliards Fcfa. Si Isaac Njiemoun et M. Mapouna comparaissent libres, Edzoa Titus et Michel Thierry Atangana Abega eux, ont été condamnés à 15 ans de prison ferme en 1997 pour tentative de détournement des deniers publics. Titus Edzoa, faut-il le rappeler, est ancien ministre et surtout, ancien secrétaire général de la présidence de la République. Et les faits remontent à 1996, époque où il occupait ce prestigieux poste de plus proche collaborateur du chef de l'Etat. Les différents acteurs se retrouvent le 25 novembre prochain au Tgi de Yaoundé, pour un autre épisode.
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