Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Me Demba Ciré Bathily, avocat à la cour - 'Le dossier Talla Sylla suit un agenda politique et non judiciaire'

Mamadou Sarr

12 Novembre 2009


Malgré l'ouverture d'une information judiciaire aux premières heures de l'agression du leader du Jël Jël il y a maintenant cinq ans, le dossier n'avance pas, malgré la forte campagne médiatique au plan national.

La récente sortie du ministre d'Etat, ministre de la Justice, Moustapha Sourang, lors du vote du budget de son ministère, a remis au goût du jour l'affaire de l'agression de Talla Sylla que l'on croyait à tort enterrée. Le Garde des Sceaux, devant la persistance des questions des députés Me Ndèye Fatou Touré du Mouvement Tekki et Mously Diakhaté de Jëf Jël, avait laissé entendre de guerre lasse que 'l'affaire Talla Sylla suit son court' et que 'son avocat avait interjeté appel devant la chambre d'accusation de la Cour d'appel suite au non-lieu'. La réponse ne s'est pas fait attendre du côté de la victime et de ses partisans. Talla Sylla et les siens ont annoncé dernièrement leur ferme volonté d"internationaliser' cette affaire qui ressemble à un déni de justice. Ce qu'a contesté, du reste, le ministre de la Justice.

Pour Me Demba Ciré Bathily, avocat du leader de Jëf Jël, 'l'affaire Talla suit un agenda politique et non judiciaire. Il est clair qu'on est devant un dossier politique', a-t-il analysé lorsque nous l'avons joint par téléphone, hier. Pour lui, la grande question que tout le monde se pose aujourd'hui, c'est de savoir pourquoi le dossier n'a pas évolué depuis cinq ans alors que les personnes qui ont frappé Talla Sylla, ont été identifiées. Et d'ajouter que la qualification de l'infraction devait sortir de l'information judiciaire ouverte pour retenir si c'est un délit ou un crime. 'Il reste entendu le crime, ce n'est pas seulement donner la mort. Le fait de taper avec des marteaux, même si ce n'est pas une tentative de meurtre, cela y rassemble', commente-t-il.

En outre, l'avocat défenseur des Droits de l'homme est d'avis qu'une 'campagne internationale contre l'impunité peut être une mauvaise chose pour notre pays'. A ce sujet, il estime que Talla Sylla dispose de voies et moyens pour déposer une plainte contre son pays, le Sénégal, pour 'violation de ses droits'. Il peut saisir d'une plainte, au niveau africain, la Cour de la justice de la Cedeao à Abuja au Nigeria ou la Commission africaine des droits de l'homme à Banjul en Gambie. 'La chambre d'accusation est un peu le juge d'instruction de la Cour d'appel, il peut rejeter ou confirmer le non-lieu', note en dernière analyse Me Demba Ciré Bathily.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Sénégal

Rubriques