Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: "Nder ou les flammes de l'honneur", le film en chantier de Mahama Johnson Traoré

12 Novembre 2009


Dakar — Le réalisateur et scénariste sénégalais Mahama Johnson Traoré travaille à la réalisation de son projet de long métrage "Nder ou les flammes de l'honneur" pour lequel il a bénéficié d'un soutien du ministère algérien de la Culture.

"Ce projet +Nder ou les flammes de l'homme+ est soutenu par nos amis algériens. Nous sommes à une phase de recherches documentaires pour écrire la scénario", a expliqué Traoré dans un entretien accordé à l'Agence de Presse sénégalaise.

Le producteur- réalisateur algérien Boualem Aïssaoui et la scénariste algérienne Mariem Hamidat ont quitté Dakar mercredi soir après un séjour d'une semaine, au cours duquel ils ont rencontré des hommes de sciences, des personnalités culturelles, des autorités officielles dont le maire de Dagana, "pour faire avancer le projet par la partie sénégalaise".

Mahama Johnson Traoré a dit qu'il s'agit d'un film sur l'histoire des femmes de Nder, dans l'ancien royaume du Waalo, en mars 1820. "Cela concerne la résistance, le refus de la fatalité. Ces femmes ont préféré la mort à la honte", a-t-il indiqué.

"L'histoire est connue, mais il y a une interprétation erronée. C'est à nous les Africains de réécrire notre histoire afin de la donner en exemple à la jeunesse", a ajouté le cinéaste qui a exposé son projet lors de la deuxième édition du Festival culturel panafricain d'Alger (5-20 juillet 2009).

En tant que producteur s'intéressant à l'histoire, à la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel, "l'histoire a retenu mon attention. C'est aussi un devoir de mémoire ou l'exigence de renaissance", a pour sa part expliqué le producteur Boualem Aïssaoui, précisant que c'est à partir de cet intérêt que lui et Mahama Johnson Traoré ont entrepris des démarches auprès du ministère algérien de la Culture.

"Dès que le ministre de la Culture, Khalida Toumi, a lu le projet, elle a adhéré à sa philosophie. D'abord parce qu'il concerne l'histoire du Sénégal dans laquelle se reconnaissent les peuples et qu'il consacre une communion autour des valeurs de résistance", indique M. Aïssaoui.

Le producteur a ajouté que Mme Toumi a aussi relevé "la place de la femme dans une société traditionnelle qui était, en quelque sorte, en avance sur son époque" et le fait que cela correspond aussi à une disposition de la Constitution algérienne qui soutient la valorisation de la femme dans la société et la promotion de son statut.

"Le souci est de donner au Festival culturel panafricain ses prolongements sur le terrain à travers des actions concrètes, a poursuivi Boualem Aïssaoui. S'agissant des "décisions concrètes" prises par le ministre algérien, le projet de long métrage de Mahama Johnson Traoré a obtenu une bourse de développement qui a permis la mise en place d'une équipe de privés algériens.

"Tout cela est pour que le scénario soit parachevé en 2010 et que le tournage puisse commencer la même année", a noté Boualem Aïssaoui estimant que sa mission à Dakar préfigure de la redynamisation de la coopération culturelle, notamment cinématographique entre le Sénégal et l'Algérie.

La scénariste Mariem Hamidat qui participe au projet, compte "apporter un regard de femme" dans l'écriture du scénario. "Je compte apporter ma pierre à l'édifice dans l'écriture du scénario, faire des recherches documentaires, donner une part de dramaturgie pour que ça puisse intéresser au-delà du Sénégal", a-t-elle dit.

Elle a ajouté : "Tout le monde connaît l'histoire ici (au Sénégal), mais elle n'est pas forcément connue ailleurs. Ça permet une distribution dans d'autres pays, pour que l'histoire de l'Afrique racontée par les Africains sorte de nos frontières".

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Mahama Johnson Traoré a fait ses études au Conservatoire libre du cinéma français. Il a réalisé plusieurs longs métrages, des films sociaux et politiques dans lesquels il veut amener le public à une prise de conscience des problèmes de développement du continent.

Parmi ses films, il y a "Diankha-bi" (1968 - Grand prix du Festival international du Film francophone), "Diègue-Bi" (1970), "Lambaaye" (1972), "Reou takh" (1972), "Garga Mbossé" (1974), "Njangaan" (1975), "Sarax si" (1981).

M. Traoré a été, de 1975 à 1983, secrétaire général de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI), directeur général de la Société nationale de production cinématographique du Sénégal (SNPC), de 1983 à 1985.

Il a fondé en 2008 le magazine culturel panafricain "Cahiers d'Afrique" dont il est l'éditeur et le directeur de publication.

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