Gabonews (Libreville)

Gabon: Grève à l'Education nationale - Le Ministère est dans « l'impossibilité de trouver des solutions au cours de l'année 2009 »

Murphy Mouele

12 Novembre 2009


Libreville — Le ministre de l'Education Nationale, Séraphin Moundounga, qui a échangé mercredi après-midi à l'Ecole Normale Supérieure (ENS) de Libreville avec les responsables d'Inspections Déléguées d'Académies (IDA), les chefs d'établissements et les responsables d'Associations de parents d'élèves a affirmé que le ministère sera dans « l'impossibilité de trouver des solutions » à la grève de la Convention Nationale des Syndicats du Secteur de l'Education (CONASYSED), « au cours de l'année 2009 ».

Lors de cet échange réunissant, le ministre a exhumé le protocole d'accord du 13 janvier 2009 signé entre le gouvernement Jean Eyéghé Ndong et la CONASYSED, mettant en exergue la notion de continuité dans laquelle s'est inscrit l'actuel Premier ministre, Chef du gouvernement, Paul Biyoghé Mba.

Toutefois, au regard des événements qui ont cours depuis le 5 octobre dernier, date de la rentrée des classes, notamment la grève du secteur de l'Education nationale, M. Moudounga a fustigé le comportement de chacun des deux signataires qui « n'ont pas respecté les termes de cet accord ».

Dans ce contexte, le ministre de l'Education nationale a notifié l'incapacité du ministère de tutelle à réaliser, pour l'année en cours, les solutions et mesures envisagées par l'équipe gouvernementale qui a précédé celle dirigée par monsieur Biyoghé Mba en vue de trouver des solutions aux problèmes de la CONASYSED.

CONTINUITE DU SERVICE PUBLIC

« Nous sommes obligés de réviser l'ancien accord étant donné qu'il avait pour but de solutionner les difficultés au cours de l'année 2009 qui est en train de s'achever. Nous constatons qu'il n'est pas possible d'honorer ces engagements ( ) Les questions restées en suspend ne sont pas forcement du ressors du ministère de l'Education nationale ( ) Mais elles sont légitimes », a t-il déclaré. Prônant la « continuité du service public », le N°1 de l'Education nationale a d'une part, interpellé les chefs d'IDA et d'établissements scolaires publics sur l'organisation du service minimum au sein de leur structure, sur la base des enseignants « présents ». D'autre part, encourageant ces responsables à recenser et à faire émarger systématiquement les enseignants grévistes, Séraphin Moundounga les a mis en garde contre les « risques inutiles » encourus par des « listes de complaisance ». De même, aux responsables des bureaux d'Associations des parents d'élèves, le ministre a demandé de relayer son invitation à: « envoyer les enfants dans les établissements », en assurant « qu'ils seront bien encadrés ». Face à l'«inadéquation formation - emploi » de certains enseignants et le « clientélisme » de nombreux responsables d'établissements lors de la nomination de leurs collaborateurs, le ministre a remarqué que la « situation de l'Education Nationale est particulièrement préoccupante ». PAS DE RECRUTEMENT A l'EDUCATION NATIONALE SANS POSTE BUDGETAIRE

A cet égard, il a annoncé une série de mesures devant clarifier « la confusion générale » qui règne dans la profession. Ainsi, parallèlement à l'audit de la Fonction publique gabonaise, diligentée récemment par le gouvernement, Séraphin Moudounga a souligné que les affectations des enseignants en 2010 seront fonction des postes budgétaires disponibles. « Plus personne ne sera recrutée à l'Education nationale s'il n'a pas de poste budgétaire », a-t-il insisté. A ce jour, le gouvernement s'est déjà engagé à créer les conditions d'une reprise du travail en y apportant des solutions graduelles. Sur les 4556 postes budgétaires en destinés aux enseignants, les autorités ont souligné que, fin novembre, 1630 seront octroyés. Et que le « paiement des vacations sera effectif dès la reprise du travail par le corps enseignant », à cela doit s'ajouter le « déblocage, par l'Etat, de 11 milliards de Francs CFA au titre de la première partie des rappels de la prime d'incitation à la fonction enseignante concernant les 1184 dossiers en instance ».

Cependant, ces mesures ont été assorties d'une disposition: « les jours de grève ne sont plus payés au Gabon ». Pour ce faire, le ministre de l'« Education nationale a demandé aux différents responsables d'établissements et Inspecteurs délégués d'Académie de lui faire parvenir les listes nominatives des agents exerçant de façon assidue ».

En dépit de ces mesures, la CONASYSED entend changer d'interlocuteur. La Centrale syndicale des enseignants qui avait jusqu'alors comme partenaire dans la négociation le gouvernement a décidé de s'orienter vers le chef de l'Etat, Ali Bongo Ondimba, pour une solution à la crise née de la grève déclenchée le 5 octobre, date de la rentrée officielle des classes.

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