Boureima Ouedraogo Sonre
12 Novembre 2009
Si pour les opposants à Mamadou Tandja le Tazarché est mort, pour le président nigérien cependant, géniteur de la continuité, le projet est loin d'être enterré.
On savait qu'il voulait jouer les prolongations au pouvoir. Tout ce qu'on ignorait, c'était sa détermination à s'éterniser à la présidence nigérienne. Tandja l'a prouvé à ses compatriotes et à la communauté internationale à travers les défis qu'il leur a lancés : dissolution du Conseil constitutionnel et du Parlement, organisation des élections législatives et proclamation de la VIe République. La CEDEAO, l'Union africaine et l'Union européenne se sont alors vues obligées d'imposer des sanctions contre le Niger pour contraindre les autorités de Niamey à dialoguer avec l'opposition en vue de sortir de la crise politico-institutionnelle. En envoyant son armée de négociateurs en tournée en Afrique de l'Ouest et surtout chez le médiateur nigérian, le Général Abdulsalami Abubacar, Mamadou Tandja donnait à croire qu'il est ouvert au dialogue. Que nenni ! Le président nigérien vient de faire un autre pied de nez à la face du monde en acceptant que la Cour constitutionnelle, soumise à ses bottes, valide et proclame les résultats des législatives du 20 octobre dernier qui attribuent au parti présidentiel 76 sièges sur les 113. Comment ne pas parler d'illusion du dialogue après cette nouvelle pirouette de Tandja ? Difficile de croire, en effet, à sa sincérité car le président du Niger ne donne aucun gage de ses bonnes intentions. Contrairement à ce que laissaient entendre ses émissaires, le Niger de Tandja ne veut pas regagner le bercail de la CEDEAO. De toute évidence, le chemin emprunté n'est pas le bon.
En réalité, Mamadou Tandja, qui fait semblant de discuter, d'expliquer ou de dialoguer avec ses vis-à-vis, reste droit dans ses bottes de colonel et dans sa logique de pis aller.
Face à un mal de cheval, il faut administrer un traitement de choc. Face au comportement de va-t-en-guerre de l'homme fort de Niamey, la communauté internationale, à commencer par la CEDEAO, devrait adopter une position de fermeté. Le cas nigérien devrait faire école. L'organisation sous-régionale y joue sa crédibilité. Pour se faire respecter demain, elle devrait sortir la tête haute de ce bras de fer engagé avec le rebelle de la famille qui ne veut pas respecter la parole donnée et les textes qui régissent le fonctionnement du groupe, notamment le protocole sur la démocratie, les élections et la gouvernance.
Le Nigeria, grand partenaire économique du Niger et le Bénin par lesquels transitent de nombreux produits maritimes à destination de Niamey, peuvent peser lourdement dans la balance et aider à ramener la brebis égarée dans le troupeau. La giffle de la fermeture de la frontière nigéro-nigériane n'a sans doute pas été suffisamment retentissante. Il n'est pas défendu à Mamadou Tandja de tenir mordicus à son Tazarché. Sa politique de continuité ne devrait cependant pas se faire contre la volonté de la majorité des Nigériens.
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