Les Organisations de la société civile (OSC) se mettent à l'avant-garde de la lutte contre les effets des changements climatiques. Elles ont lancé, hier jeudi 12 novembre 2009 à Ouagadougou, une coalition qui doit influer sur les politiques et décisions dans ce sens.
La société civile donne de la voix en matière d'atténuation et d'adaptation aux changements climatiques. Une coalition regroupant une dizaine d'OSC vient de voir le jour pour tenter de peser sur les politiques et les décideurs. Il s'agit de plaider pour la prise en compte des changements dans les programmes et politiques de développement. Car jusqu'ici , le constat en la matière est loin d'être satisfaisant. En effet, la gouvernance des changements climatiques peine à décoller, constate un expert. Celui-ci regrette par exemple que les lotissements ne tiennent pas suffisamment compte de la question des changements climatiques.
En cela, l'initiative de la société civile vise à corriger de telles lacunes. Elle doit, selon ses initiateurs, permettre de rechercher des alternatives viables d'adaptation aux changements climatiques. « La coalition veut influer sur les politiques, pratiques pour lutter contre les effets des changements climatiques. Il s'agit aussi pour la société civile de dégager une position pour faire entendre sa voix », explique le président de la coalition, Jérémie Ouangrawa.
Pour lui, l'objectif de la coalition est de faire en sorte qu'à travers l'éducation et la sensibilisation du citoyen lambda, la question des changements climatiques ne soit plus un problème d'experts. Les OSC impliquées vont ainsi capitaliser et diffuser les bonnes pratiques d'adaptation aux changements climatiques. « C'est un processus louable car une société civile dispersée ne peut être efficace dans la recherche de solutions d'adaptation aux changements climatiques.
De même, si elle n'a pas l'information, les ressources nécessaires, elle ne peut jouer à fond son rôle d'avant-gardiste. De plus, la coalition va faciliter l'accompagnement des autres partenaires », a observé pour sa part Moumouni Sawadogo, chef de projet de l'Union mondiale pour la conservation de la nature. Il pense que le processus doit aller plus loin pour préciser les stratégies et les modalités d'intervention de la coalition tout en l'élargissant aux autres OSC.
Le processus ainsi déclenché ouvre la voie aux débats lors du forum national de la société civile sur les changements climatiques, prévu les 18 et 19 novembre prochains. Pour le secrétaire permanent du conseil national pour l'environnement et le développement durable, Mamadou Onadja, les OSC en créant une coalition, commencent à comprendre la complexité des changements climatiques. C'est pourquoi, il a exhorté ce regroupement non formel à s'impliquer dans la recherche d'alternatives viables.
Car dit-il, « la coalition est salutaire en ce sens que le gouvernement ne peut à lui seul inverser les tendances de dégradation de ressources naturelles ». D'autant plus que les manifestations des changements climatiques sont vécues différemment par les animaux, les végétaux, les hommes. Si les populations pauvres sont celles qui souffrent et souffriront davantage des impacts liés aux changements climatiques, il n'en demeure pas moins que leur grande vulnérabilité compromette aussi l'atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement et va créer de plus en plus de conflits liés à l'eau ainsi que des migrations de masses. Face à cette situation, le président de la coalition monte déjà le ton, arguant qu'au sommet de Copenhague, les pays pauvres doivent demander plus de financements.
Mais, il avertit que ces fonds pour aider les pauvres à s'adapter aux effets des changements climatiques, ne sont pas une action humanitaire mais plutôt une compensation des conséquences de deux siècles d'industrialisation ayant profité au Nord.
Il reste maintenant à savoir si son appel sera entendu dans la mesure où les experts et analystes sont sceptiques sur l'issue de ce sommet. Quoiqu'un échec des négociations de Copenhague devra plutôt être une occasion pour l'Afrique d'être plus agressive en déposant sur la table des négociations, une proposition de texte soutenue par la classe politique et la société civile.

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