Abdoulaye Sidy
13 Novembre 2009
Les agressions perpétrées contre les infrastructures routières par les usagers font subir à l'Etat du Sénégal énormément de pertes. Celles-ci jouent sur son budget à hauteur de plus de 34 milliards de nos francs par an, selon une étude présentée hier à Dakar par le groupe thématique Transport de la Plate-forme des acteurs non étatiques.
Le rapport d'étude sur les enjeux et défis pour la réalisation des objectifs de croissance durable et de réduction de la pauvreté dans le secteur du Transport est plein de révélations sur les causes et conséquences de l'état de délabrement actuel des routes du pays. Le document qui a été présenté hier lors d'un atelier devant les principaux acteurs impliqués et qui a pour objectif de promouvoir durablement le secteur, révèle qu'à cause des agressions permanentes perpétrées contre les routes par les usagers, l'Etat du Sénégal supporte annuellement des dégâts estimés à 34 milliards 220 millions Cfa.
Soit, à peu près, le montant des besoins exprimés pour l'entretien annuel du réseau routier classé prioritaire évalué à 14 000 kilomètres. Selon le présentateur du rapport d'étude, M. Ludovic Guessa, ces dommages supportés par le budget national ne sont rien d'autre que les résultats de l'indiscipline des transporteurs qui font fi des normes réglementaires de circulation routière, mais aussi du relâchement des forces de contrôle dans le suivi du respect des normes établies. 'Dans tous les pays de l'Uemoa, la législation dispose que la charge maximale est de 11,5 tonnes. Mais, tout le monde surcharge', regrette Guessa. Selon qui, 'l'Etat n'a pas les moyens de supporter les coûts additionnels de 30 milliards de francs par an liés au non-respect des normes réglementaires du transport routier'.
Au cours de l'exposé du rapport d'étude sur le Transport, les usagers qui participent le plus à la dégradation des routes au Sénégal ont été classés en deux catégories. Il s'agit, d'après la même source, des camions gros-porteurs de transport du ciment qui occupent la première marche du podium, suivi de celle du transport du sable et de conteneurs. Par ailleurs, le document indexe les travaux engagés par certaines sociétés comme Senelec, Sde, Sonatel, dans le cadre de l'extension de leurs réseaux respectifs ainsi que les chantiers entrepris par les services de l'assainissement, entre autres facteurs contribuant à la destruction des infrastructures routières du pays.
Et même si les normes du transport routier venaient à être respectées par les usagers - ce qui éliminerait tous ces facteurs évoqués - il reste cependant fondamental aux yeux des membres du groupe thématique Transport de la Plate-forme des acteurs non étatiques un grand défi à relever : celui de la mobilité urbaine dont les tares telles que l'encombrement des circuits routiers coûtent à l'Etat du Sénégal 95 milliards F Cfa en 2008 de manque à gagner contre 108 milliards en 2006.
Car, selon les résultats de l'étude, des 178 977 véhicules immatriculés au Sénégal en 2006, 133 600 circulent à Dakar. Analysant cette situation, le conférencier Ludovic Guessa convoque le taux démographique très élevé dans la capitale qui est estimé à plus de 2,5 millions habitants du fait, selon lui, d'une forte concentration des activités à Dakar. 'Nous l'avons dit, ce n'est pas aux populations de se délocaliser, mais plutôt aux entreprises, et aux autres démembrements de l'Etat de le faire. Cela entraînera indirectement le désengorgement de la capitale', a suggéré M. Guessa par ailleurs membre du conseil national du patronat (Cnp).
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