Un séminaire sur le Diagnostic des infrastructures nationales en Afrique s'est ouvert, hier, à Midrand en Afrique du Sud. Cette rencontre réunit des représentants de la Banque africaine de développement, de la Banque mondiale, de la Banque sud-africaine de développement, du Consortium pour le développement des infrastructures en Afrique et des journalistes de différents pays africains. Pendant deux jours (12-13 novembre), les participants au séminaire vont échanger sur l'état des infrastructures, la répercussion de sa faiblesse sur les économies nationales ainsi que les ajustements à faire.
La présentation de l'étude Aidc (Africa infrastructure country diagnostic), a précédé l'ouverture des travaux afin de permettre aux participants d'appréhender l'état de ces ouvrages. L'étude 'Infrastructures africaines : transformation impérative' est un travail conjoint de la Commission de l'Union africaine, de la Banque africaine de développement, de la Banque de l'Afrique australe, du Consortium pour les infrastructures en Afrique, du Nepad et de la Banque mondiale. Les enquêtes qui la sous-tendent ont été menées, dans 24 pays d'Afrique, auprès d'opérateurs ferroviaires, de compagnies routières, de compagnies de distribution d'eau et d'électricité, de ports, d'aéroports et d'opérateurs des Tics.
Ainsi, le rapport établi à partir de ces données révèle l'impact de la faiblesse des infrastructures de base sur la croissance des économies africaines. Selon l'étude, 'l'état déplorable des infrastructures freine la croissance économique des pays de 2 % chaque année et limite la productivité des entreprises jusqu'à 40 %'. Ainsi, il apparaît que les performances économiques sont inhérentes au fonctionnement correct des infrastructures d'électricité, d'eau, des routes et des Technologies de l'information et de la communication (Tics).
Les infrastructures africaines sont des plus faibles dans le monde, indiquent les spécialistes de la Banque mondiale qui renseignent, également, que les coûts des services de base sont deux fois plus chers dans le continent qu'ailleurs.
Le rapport évalue les besoins annuels pour la prochaine décennie à 93 milliards de dollars. Soit le double des estimations initiales, indique-t-on. La moitié de ce montant devrait être affectée au secteur de l'énergie pour résoudre les crises. Les dépenses en infrastructures en Afrique ne sont pas, pour autant, faibles. 'La dépense actuelle en infrastructures en Afrique, soit 45 milliards de dollars par an, est largement supérieure à ce que l'on pensait ( ). La plus grande partie de cette dépense est financée par les contribuables et les consommateurs des pays africains eux-mêmes'. Les présentatrices du rapport reconnaissent que le continent investit, depuis quelques années, dans les infrastructures mais la cadence doit être accélérée pour combler, d'ici trois décennies au plus, le retard par rapport aux autres parties du monde. Mme Vivien Foster de la Banque mondiale a expliqué que ce financement présente 'une menace particulièrement alarmante pour les pays à faible revenu et les Etats fragiles. La première catégorie citée devrait, dans ce cas, consacrer aux infrastructures 9 % supplémentaires de son Pib alors que la seconde mettrait 25 % supplémentaire du Pib'.
En établissant les priorités entre ces secteurs, en augmentant les investissements et en renforçant l'efficacité, les pays africains seront à même d'éviter les effets aggravants de la crise financière et de créer les fondations de la croissance future lors de la reprise de l'économie mondiale.

Comments Post a comment