La 46e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples se tient actuellement sans les grandes organisations africaines de droits de l'homme. En effet, dans un communiqué, la Fédération internationale des droits de l'homme et ses partenaires annoncent le boycott de la session par leurs instances. Ces organisations demandent au président Yayha Jammeh de revenir sur ses propos hostiles aux défenseurs des droits de l'homme et à l'Union africaine de transférer le siège de la Cadhp dans un pays respectueux des droits humains.
'Parce qu'il n'est pas acceptable qu'un président de la République menace impunément de porter atteinte à l'intégrité physique des défenseurs des droits de l'Homme, et parce qu'elles réitèrent leur soutien à la résolution adoptée le 11 octobre 2009 par la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (Cadhp) qui a son siège à Banjul (Gambie) sur la détérioration de la situation des droits de l'Homme en République de Gambie, nos organisations ne participeront pas aux travaux de la 46e session ordinaire de la Cadhp qui doit se tenir, du 11 au 25 novembre 2009, à Banjul'. Telle est la décision prise conjointement par la Fédération internationale des droits de l'homme (Fidh), la Fédération internationale de l'action des chrétiens contre la torture (Fiacat), la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho), l'Union interafricaine des droits de l'Homme (Uidh), l'Organisation mondiale contre la torture (Omct).
Selon ces organisations, cette décision a été prise du fait de 'l'absence de changement d'attitude des autorités gambiennes sur la question des défenseurs depuis la déclaration du président Jammeh et l'absence de réaction publique de l'Union africaine (Ua) à ces propos ainsi que sur l'éventualité d'un changement de siège de la Cadhp'. 'Nos organisations sont, en effet, vivement préoccupées par le contexte fortement hostile dans lequel interviennent les défenseurs des droits de l'Homme et les journalistes en Gambie, où les entraves à la liberté d'expression, les arrestations, détentions arbitraires, assassinats et harcèlements judiciaires à leur encontre sont récurrents', lit-on dans le communiqué conjoint, dont nous avons une copie.
Les droits de l'hommiste rappellent 'notamment que l'assassinat, en décembre 2004, de l'un des plus illustres journalistes gambiens, M. Deyda Hydara, (qui) n'a toujours pas été élucidé'. Pour la Fidh et ses partenaires, 'les violations contreviennent ouvertement aux précédentes résolutions de la Cadhp sur la situation des droits de l'Homme en Gambie'. ces résolutions avaient demandé au président Yayha Jammeh de 'respecter les droits des journalistes et autres défenseurs des droits de l'Homme'. Ces organisations estiment que 'cette hostilité affirmée' à l'encontre des défenseurs des droits de l'Homme est par ailleurs 'contraire à l'accord de siège conclu entre l'Union africaine et la Gambie'. Par conséquent, elles considèrent que le maintien en Gambie du siège de la Cadhp 'remet fortement en cause la crédibilité de cette instance, qui représente un lieu d'expression indispensable pour les défenseurs des droits de l'Homme'.
Pour, peut-être, passer l'éponge, la Fidh et ses partenaires appellent le président gambien à 'revenir sur ses propos et déclarer publiquement son soutien au travail des défenseurs des droits de l'Homme'. A l'Union africaine, les organisations chargées de défendre les droits de l'homme demandent de 'condamner fermement les propos tenus par le président gambien et à considérer le transfert du siège de la Cadhp dans un Etat membre garant du respect des libertés fondamentales ( )'. Même si elles refusent de participer à la 46e session de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, ces organisations soutiennent qu'elles observeront 'néanmoins avec attention les conclusions et recommandations qui seront adoptées lors de cette session'.â-¨

Comments Post a comment