Kinshasa — Les ministres des Mines de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC) ont approuvé, le jeudi 12 novembre 2009 à Kinshasa, les recommandations du plan de mise en oeuvre pour l'harmonisation des politiques minières, des normes, des cadres législatifs et réglementaires entre les Etats membres de la sous-région. Ces recommandations ont été approuvées après un examen minutieux d'importants dossiers touchant au développement minier de l'espace SADC.
Pour le ministre congolais des Mines, cette session a donné aux participants l'opportunité de repenser les stratégies de développement des Etats membres de la SADC. Et cela dans le but de ne plus revivre à l'avenir les situations difficiles engendrées par la crise financière internationale dont les effets néfastes continuent à se faire sentir sur les économies des pays membres de la SADC.
Face à cette situation, Martin Kabwelulu a souhaité que les recommandations du plan d'harmonisation que les ministres ont approuvées, soient mises en application par les pays membres de la SADC.
En effet, « les substances minérales de la SADC sont exportées à l'état brut ou sous une forme peu élaborée », a-t-il rappelé à la clôture des assises des ministres des Mines. C'est dans ce contexte que le ministre congolais des Mines a émis le voeu de voir les Etats membres de la SADC orienter désormais leurs efforts vers l'amélioration de la compétitivité des produits miniers marchands par leur transformation dans les pays respectifs.
De ce fait, Martin Kabwelulu a invité les pays membres de la SADC à évaluer les produits accompagnateurs des principales substances minérales pour leur valorisation. Selon lui, cette transformation apportera aux produits miniers des pays membres de la SADC une plus grande valeur ajoutée. « Ce qui va certainement renforcer l'intégration du secteur minier aux autres domaines des économies des pays de la SADC », a-t-il souligné.
Le ministre congolais des Mines s'est, en outre, penché sur les exploitants miniers artisanaux qui ont été aussi touchés par la crise financière internationale. A cet effet, Martin Kabwelulu a estimé qu'il était nécessaire de les inciter à se regrouper en coopératives minières. Et ce, en vue de les accompagner dans le processus d'extension de leurs activités vers la mine à petite échelle et l'industrie minière.
« Ils devaient donc bénéficier des attentions de nos gouvernements afin d'en faire des acteurs devant contribuer au développement rural et à la réduction de la pauvreté », a-t-il plaidé en faveur des exploitants miniers artisanaux.
Le ministre des Mines a, par ailleurs, désiré voir les experts des pays respectifs se rencontrer à des intervalles réguliers pour échanger leurs expériences. Car, a-t-il poursuivi, le renforcement de leurs capacités humaines et institutionnelles devient une nécessité ». Pour ce faire, il a noté que le secrétariat de la SADC devra en conséquence élaborer un programme d'évaluation à mi-parcours.
Le ministre congolais de la Coopération internationale et Régionale a, quant à lui, fait savoir qu'au cours de la séance ministérielle de Kinshasa, il était question de restructurer le cadre d'opération disparate. Et cela, dans le but « d'agir en synergie et donner un second souffle aux méthodes d'intervention dans l'exploitation du secteur minier des pays membres de la SADC ».
A en croire Raymond Tshibanda, les assises de Kinshasa sont parvenues à proposer à la future action commune de la SADC les conditions d'une meilleure production des gisements miniers de la Communauté régionale, à une exploitation rationnelle de ces ressources. Et, surtout, à une graduelle transformation régionale des richesses minières de la SADC. « Ce qui est visé en définitive, c'est la maîtrise par les pays producteurs de tous les rouages depuis la production jusqu'à la commercialisation », a-t-il conclu.
Plusieurs recommandations ont été faites par les ministres des Mines à l'issue des travaux de Kinshasa. Ils ont invité les pays membres de la SADC à fournir régulièrement des données au secrétariat de la Communauté régionale afin de surveiller de près les évolutions liées à la récession mondiale sur le secteur minier de l'espace régional. Les ministres ont décidé que toutes les mesures possibles soient mises en oeuvre pour minimiser les effets négatifs de la crise financière internationale sur l'économie de la SADC.
Ils ont invité le secrétariat à examiner la possibilité et les modalités de création d'un fonds de stabilisation pour l'industrie minière pendant les crises financières et économiques. Les ministres ont promis d'aider le Zimbabwe à mettre en oeuvre le plan de travail afin que ce pays puisse se conformer au Programme de certification du Processus de Kimberley sur l'extraction de diamants et le commerce.
La République de Malawi a été désignée pour abriter la prochaine réunion des ministres des Mines au mois de novembre 2010. La séance ministérielle de Kinshasa a été précédée par les travaux des experts, le mercredi 11 novembre 2009.

Comments Post a comment