Kinshasa — Les ménages risquent de ne plus supporter le poids de la montée fulgurante et effrénée du dollar américain. La monnaie nationale ne cesse de dégringoler à la suite de la gestion calamiteuse du cadre macro-économique.
A la prise du pouvoir par le gouvernement Muzito, le dollar américain s'échangeait contre 560 francs congolais. En une année, le taux est en phase de passer du simple au double. Une dépréciation d'environ 85% est enregistrée au grand malheur des ménages.
Au plus fort de la crise financière internationale couplée «des dérapages répétés» enregistrés dans la gestion du Trésir public, le gouvernement avait institué une commission ad hoc en son sein. Après quelques réunions, cette commission ne s'est plus fait parler d'elle.
La Banque centrale du Congo a pris le relai avec les séances d'adjudication, sans que rien ne change. Bien au contraire, la surchauffe s'est relancée de plus belle. Les interventions de l'institut d'émission se sont élevées à près de 100 millions Usd, représentant une quotité de la surliquidité en circulation sur le marché.
Alors que la cause qui a conduit successivement à la mise en place d'une commission gouvernementale et aux séances d'adjudication produit encore des effets néfastes, tout le monde semble déborder sur la question. L'embellie tant attendue n'a jamais été au rendez-vous.
Le gouvernement et la Banque centrale se rejettent mutuellement la responsabilité des dérapages. L'exécutif déclare haut que l'institut d'émission est indépendant. La Constitution le réaffirme sans équivoque. De l'autre côté, la Banque centrale accuse le gouvernement de mettre en mal la politique monétaire qu'elle met en place, à travers des dérapages budgétaires. Ce jeu de ping-pong entre le gouvernement et son conseiller en matière monétaire et financière prend l'allure d'un cycle infernal.
L'ORIGINE DES DERAPAGES
Tous avaient adhéré à l'esprit et à la lettre de la correspondance adressée au Premier ministre par le directeur de cabinet du chef de l'Etat en vue d'arrêter l'hémorragie. Depuis, plus rien. Le FMI vient quasiment de prononcer son satisfecit au gouvernement, en déclarant que le déficit n'était pas d'origine budgétaire. Sans plus !
De son côté, le ministre des Finances, Athanase Matenda, s'adressant à la représentation nationale avait clairement rappelé que l'institut d'émission agissait en toute indépendance. Les députés ont profité de la brèche ainsi ouverte pour interpeller le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu.
L'affaire devient alors intéressante d'autant plus que l'heure de vérité a sonné pour tout le monde. Les députés devront éclairer l'opinion sur la provenance des billets neufs régulièrement injectés sur le marché des changes. Souvent, l'arrivée massive de «ces signes monétaires de la mort» est synonyme de surchauffe sur le marché.
Des projections des experts démontrent qu'à la fin de l'année, le taux de change oscillera au-delà de 1.000 francs congolais. Le taux moyen arrêté à 940 francs congolais ne serait plus qu'un lointain souvenir alors que les salaires sont restés stationnaires depuis des lustres. Les facilités financières accordées par les partenaires n'ont-ils pas porté d'effets positifs ? il serait dangereux de faire pencher la balance du côté d'un échec, alors que les efforts étaient réels et visibles en soutien à la réserve nationale. 800 millions Usd ont été débloqués pour ce faire. Une bagatelle que la communauté internationale voudrait attendre des résultats.

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