Les amateurs de la danse et du hip-hop ont régalé l'assistance avec les deux pièces présentées par la compagnie Zahrbat, vendredi soir, au Centre culturel Albert Camus.
Le hip-hop retrouve ses marques, vendredi soir. La première fois que Brahim Bouchelaghem est venu à Madagascar pour se produire au Centre culturel Albert Camus, c'était en 2000, avec la compagnie Kafig avec laquelle il avait adhéré à l'époque. Neuf ans après, l'Algérien revient en véritable maître au même lieu, avec deux pièces, un solo et un duo, fruits de ses propres inspirations et de ses longues expériences. Depuis 2007, il s'inscrit comme le fondateur de la compagnie Zahrbat.
La première pièce « Zahrbat » est un solo joué par Brahim Bouchelaghem lui-même. Pour l'artiste, cette oeuvre est rituelle, vu qu'elle a été créée en hommage à son père, joueur de poker, qu'il a perdu lorsqu'il n'avait que neuf ans. D'ailleurs « Zahrbat », signifiant en arabe « l'homme qui ne tient pas en place » était le surnom de ce père qu'il admirait beaucoup mais dont le souvenir qu'il a de lui reste minime.
« A chaque fois que je joue cette pièce, je ressens le même sentiment de deuil. Mais ce n'est pas du tout une pièce sombre. Elle a une couleur », de défend l'artiste. Effectivement la percutante musique arabo-andalouse au son des violons et des talboka (percussion arabe), les jeux de lumières, la scénographie et la vidéo qui l'accompagnent, « Zahrbat » révèle plutôt de la bonne humeur et de l'énergie, et non un coeur brisé. « Je ne connaissais pas beaucoup mon père, mais seulement je sais qu'il était un bon père. J'admire sa vie », confie l'artiste.
Belle complicité
La seconde pièce, « El Firak », jouée en duo avec Hichem Serir Abdallah, s'est avérée plus spectaculaire. « El Firak » (la séparation ) fait allusion au mur érigé en 2004 pour séparer Israël et la Cisjordanie. Entre un danseur longiligne et un costaud, le contraste a été bien illustré avec une belle complicité qui existe entre les deux danseurs.
« Pour moi, Brahim demeure une référence algérienne en matière de hip-hop. Sa chorégraphie n'est pas seulement que du spectacle de performance, mais c'est surtout un message ». « Nous ne dansons pas de la même manière et d'ailleurs il m'a toujours permis une liberté d'expression. Cela a beaucoup enrichi le spectacle», affirme Hichem Serir Abdellah.
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