Abdou Zoure
15 Novembre 2009
Comme le dirait l'autre, "le football, ce n'est pas la guerre ! Ballon au pied, il faut savoir le faire !" Mais les Egyptiens et les Algériens ont fait complètement le contraire le samedi 14 novembre 2009, aussi bien au Caire qu'à Alger. Sur la terre des Pharaons, les Egyptiens ont sans doute confondu le bus de l'équipe algérienne, à son arrivée au Caire, à un gros oiseau dangereux et nuisible. En effet, comment comprendre qu'ils l'aient bombardé de cailloux et de projectiles. A Alger, en réponse à cette volée de cailloux, les Algériens ont saccagé une concession égyptienne, créant une situation telle qu'un extraterrestre saurait qu'il ne s'agissait plus là d'une compétition sportive !
Certes, l'enjeu était de taille. La qualification pour la coupe du monde est un trophée très important, mais pas au point de piétiner l'esprit sportif et de créer pratiquement une guerre entre deux pays. Les Egyptiens auraient-ils trouvé une quelconque fierté à être qualifiés pour le mondial par la voie de la violence et non par les buts ? Le football est un duel amical et "soft", avec ses règles et à la clé, l'honneur de celui qui en sort vainqueur en respectant lesdites règles. Pour paraphraser l'autre, à vaincre contre un adversaire qu'on a pris le soin de diminuer physiquement, on triomphe avec la gloire de la honte.
Néanmoins, les Algériens y sont, eux aussi, allés un peu fort en s'attaquant aux Egyptiens vivant en Algérie. A poursuivre par monts et vaux et à répondre du tic au tac aux injures d'un fou, c'est perdre le crédit de la raison. Cette manière d'agir ne met que plus d'huile ébouillantée sur une situation suffisamment enflammée.
Mais au-delà de tout cela, il est temps d'éviter que la politique ou les tensions entre pays n'aveuglent et ne ternissent le visage du sport, qui est fait de noblesse et du respect de soi et de son adversaire. L'exemple des matchs aller-retour entre le Burkina et la Côte d'Ivoire est une illustration du dépassement des clivages que doivent avoir les peuples quand il s'agit du sport. Il en est de même du match ayant opposé, le samedi 14 novembre 2009, la France à l'Irlande. Match pendant lequel les supporters des deux camps se baladaient ensemble alors que l'enjeu était tout aussi crucial que celui de la confrontation du Caire.
Quoi qu'il en soit, comme l'atmosphère d'une chambre après le passage nauséabond d'une musaraigne ou d'un putois, ce match aura laissé des traces sur le tapis des relations entre l'Algérie et l'Egypte. Et il serait judicieux que les machines diplomatiques des deux pays se mettent en branle pour colmater les trous forés dans leur fraternité. Car les Pharaons et les Fennecs sont encore appelés à se rencontrer sur des pelouses, et la plus proche date est d'ailleurs ce mercredi 18 novembre 2009 à Khartoum, où ils joueront un match d'appui pour se départager. Ce qui s'est passé ce samedi 14 novembre 2009 au Caire est fort regrettable. Le football est passion et compétition, et non guerre. Alors, balle à terre !
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