Pendant 19 mois de présence, le sélectionneur national ne s'est d'abord pas démarqué de son prédécesseur, en matière de choix des joueurs et de jeu. Puis il n'a pas cessé, surtout lors des rencontres de ce 3e tour, de naviguer à vue, multipliant les essais au détriment de la stabilité et des automatismes de l'équipe. Ensuite, il a souvent montré une fébrilité dans sa manière d'aborder les matches, qui a rejailli sur la psychologie des joueurs. Enfin, il n'a pas compris l'enjeu pour la Tunisie d'une qualification à la fête universelle, allant jusqu'à reprendre la fameuse réplique de son prédécesseur : «Ce ne sera pas la fin du monde».
Des remarques et non des moindres. Primo, la préparation a-t-elle été menée de la meilleure manière possible pour ce match capital ? Pourquoi Darragi et Dhaouadi n'ont pas joué d'entrée ? Pourquoi Coelho a préféré aligner Ben Khalfallah visiblement peu compétitif (il était blessé pendant la préparation) et Ben Saâda également pas en pleine possession de ses moyens ? Pourquoi avoir aligné une formation aussi prudente dans un match à gagner absolument ?
Des choix surprenants, comme si un résultat autre que la victoire arrangeait l'équipe de Tunisie.
Angoisse permanente
Bref, Coelho n'a pas arrêté de multiplier les bourdes, en raison de son angoisse permanente qui a encore ligoté les joueurs hier, les obligeant finalement à subir le jeu, face, soulignons-le, à un adversaire qui nous a posé énormément de problèmes et nous a fait souffrir 90 minutes durant par son jeu direct, sa détermination et ses mouvements rapides.
D'ailleurs, sans Mathlouthi, dans un grand jour, la note aurait été très lourde !
Cette angoisse s'est donc traduite au niveau de la formation rentrante. Elle l'a été encore évidente hier, même après la rentrée de Darragi à 20 minutes de la fin et de Dhaouadi un peu plus tard.
Le buteur de la sélection qui a sauvé Coelho d'un éventuel limogeage lors du match retour contre le Nigeria ne pouvait pas donner plus, étant déstabilisé par la décision du sélectionneur de l'évincer de l'équipe rentrante. Lui qui a permis à l'équipe de Tunisie de sauter les obstacles nigérian et kényan. Dhaouadi était dans la même situation psychologique, étant souvent ignoré par Ceolho, alors que Ben Saâda et Ben Khalfallah revenaient en sélection par la grande porte.
Le technicien portugais assume une grosse responsabilité dans cette pénible élimination Comme il l'a été à la tête du Maroc pour le Mondial 2002.
Que dire du rendement de l'équipe de Tunisie, hier à Maputo ?
Il a été médiocre, sans idée directrice et, par conséquent, sans résultat concret. On ne pouvait d'ailleurs espérer une autre tournure tellement cela a cafouillé sur le banc et sur le terrain. Et quand le sélectionneur n'a pas les idées claires, on ne peut demander la lune aux joueurs dont le vécu n'est d'ailleurs pas le plus solide possible.
Défense submergée, Mathlouthi le meilleur
Le schéma d'entrée comportait les ingrédients d'un match pénible pour la Tunisie. Avec pratiquement une formation amoindrie (Ben Khalfallah et Ben Saâda), un milieu de terrain déséquilibré et une attaque esseulée, on ne pouvait pas s'attendre à un match de qualité
Si la défense a subi le jeu, c'est parce que l'entrejeu tunisien était effacé devant un vis-à-vis qui a très vite imposé son ascendant dans ce secteur.
Les pertes de balles dans cette zone, faute d'une supériorité numérique et de faiblesse dans les duels ont permis au Mozambique de porter constamment le danger devant, mettant notre défense face à de grosses difficultés D'autant que les lignes étaient disparates. Ce qui a donné lieu à de lourdes responsabilités.
Mathlouthi a reporté le verdict à plusieurs reprises, avant le but assassin de Dario à la 83e minute.
Un semblant de match
Face à une équipe mozambicaine techniquement forte, jouant carrément sa chance et attaquant en nombre, le onze national voyait revenir rapidement la balle dans sa zone Et cela a perturbé et le dispositif prudent de Coelho et la confiance de l'ensemble des joueurs. Les balles perdues revenaient vite comme un boomerang. Et quant l'axe central se trouve lui-même débordé, cela donne des frissons à longueur de jeu
Bref, la Tunisie n'a pas abordé ce match dans les meilleures dispositions tactiques. Et c'est là que Coelho assume la responsabilité de son échec D'ailleurs, si l'organisation collective laissait à désirer, avec un dispositif trop prudent (7 joueurs faisant la tâche de récupération), le schéma offensif était stérile On n'a rien vu sur ce plan. Pas même un tir cadré !
Certes, il y avait 3 joueurs offensifs derrière Chermiti, Ben Khalfallah, Ben Saâda et Jemâa, mais ils faisaient beaucoup plus dans la récupération que dans l'animation devant. Conséquence : Chermiti était comme sacrifié pour ne rien faire.
Ragued et Korbi qui ont rempli leur tâche, venant souvent couvrir les espaces concédés en défense, n'ont par ailleurs pas appuyé le jeu d'attaque tunisien. Mais ce sont les consignes qui exigeaient cette disposition, avec en conséquence des trous énormes à l'entrejeu et une relance au ralenti. Cela a permis au Mozambique d'exercer constamment sa mainmise sur le match et sur une équipe de Tunisie décidément hors sujet. Et ce n'est pas avec un tel rendement qu'elle pouvait arracher le précieux billet pour l'Afrique du Sud.
Finalement, le onze national a sorti un semblant de match. Résultat logique, mais grosse déception

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