Kinshasa — La date anniversaire de la constitution de l'armée nationale congolaise le 17 novembre, depuis 1960 jusqu'à la chute de Mobutu le 17 mai 1997, avait toujours été fêtée avec faste et était un jour férié. Cette date nous amène à parler de l'histoire militaire du Congo-Kinshasa. Ci-dessous l'article de Wikipédia, en anglais intitulé « Military of the democratic republic of the Congo.
L'histoire militaire du Congo-Kinshasa couvre environ un siècle et demi d'histoire à travers l'Afrique centrale mais aussi en Afrique orientale. Le présent article est donc la synthèse des historiques de nombreux conflits qui ont ensanglanté le pays et la région.
L'espace géographique qui constitue l'actuelle République démocratique du Congo (successivement appelée Etat indépendant du Congo, Congo belge, Congo-Kinshasa, et Zaïre) a très tôt été le théâtre de violents affrontements. En effet, dès l'unification et l'annexion du territoire par Léopold II de Belgique lors du partage de l'Afrique en 1885, ce dernier dut imposer par la force son autorité aux peuples dont il se déclarait souverain ; il affronta notamment à plusieurs reprises, entre 1892 et 1894, les états indigènes du Maniema, qui lui contestaient sa suprématie.
Etant passé sous domination belge à proprement parler, les troupes congolaises furent aussi impliquées sur les théâtres africains des deux guerres mondiales, avant d'être, après l'indépendance en 1960, confrontées à une guerre civile d'une rare violence, qui aboutit à la prise de pouvoir par Mobutu. Ce dernier fit entrer le pays dans le camp occidental durant la Guerre froide, et engagea, au cours des années 1970, ses forces armées dans la lutte contre le communisme en Afrique centrale et australe, en particulier en Angola. Soutenu envers et contre tout par ses partenaires traditionnels, le pays connut une paix toute relative durant la décennie suivante.
Mais au milieu des années 1990, la crise humanitaire, et les mouvements de populations engendrés par le génocide du Rwanda, achevèrent de profondément déstabiliser l'Est du pays. Et, en 1996, l'armée de Mobutu ne put résister bien longtemps au mouvement rebelle de Laurent-Désiré Kabila ouvertement soutenu et équipé par le Rwanda et l'Ouganda. Finalement, peu de temps après son arrivée au pouvoir, le nouveau maître de Kinshasa se retourna contre ses anciens parrains, qui envahirent alors le pays et l'occupèrent sous couvert de mouvements locaux, jusqu'en 2003. Aujourd'hui encore, l'Est du Congo (Kivu, et Ituri notamment) vit les soubresauts de ces événements tragiques.
FORCE PUBLIQUE : 1885-1960
Les premières troupes organisées du Congo, connues sous le nom de la Force Publique (FP), furent créées en 1885 par Camille Coquilhat lorsque le Roi Léopold II de Belgique qui venait de prendre possession du pays sous le nom d'État indépendant du Congo (EIC), commanda à son ministre des Affaires intérieures de créer une force militaire et de police sur ce nouveau territoire.
La Force publique (FP) était encadrée par un corps d'officiers blancs, la plupart belges, mais aussi d'officiers européens (Suédois, Danois, Polonais ) en quête d'argent facile, d'exotisme et d'aventure. Le corps des sous-officiers, exclusivement africains, était formé par des individus issus ds tribus les plus belliqueuses du Haut-Congo, ou des soldats, les plus féroces du contingent de la FP. Enfin, le gros des troupes, portant uniforme bleu et fez rouge, était constitué soit d'esclaves achetés aux trafiquants swahilis en échange d'un engagement de quatre ans dans la Force publique, soit d'enfants kidnappées lors de raids, ou bien encore d'hommes dont la famille est prise en otage et relâchée après incorporation.
Aussi, très logiquement, si la Force publique constitua très tôt une force armée redoutée pour son extrême violence (voir : chicotte), elle fut vite confrontée à de nombreux problèmes de discipline au cours de son histoire. Ainsi, d'une part, les mutineries de soldats noirs furent fréquentes (voir notamment la Révolte des Batetela), d'autre part, l'administration congolaise dut composer avec certains officiers blancs outrepassant leurs pouvoirs (voir : Léon Rom) et s'accaparant à leur profit les territoires, dont ils étaient responsables.
LES CAMPAGNES CONTRE LES ARABO-SWAHILI
La première mission de la Force publique fut d'assurer la mainmise sur le territoire de l'EIC, notamment à l'Est (Maniema et Kivu) où prospéraient les états swahilis dirigés par de riches commerçants bantous, originaires de Zanzibar. Esclavagistes, trafiquants d'ivoire, et de confession musulmane (d'où l'utilisation abusive du terme «Arabes»), les marchands swahilis furent vite caricaturés dans la presse occidentale, ce qui permit à Léopold II de vendre à l'opinion internationale sa guerre personnelle comme une croisade anti-esclavagiste. Le conflit ne tarda pas à éclater et la Force Publique entreprit entre mai 1892 et janvier 1894 une série de campagnes militaires sous le commandement de Francis Dhanis. Au plus fort de l'engagement, à la fin de l'année 1892, environ 100 000 Arabo-Swahili répartis en plusieurs armées seront opposés à 120 Européens à la tête de 3.500 soldats réguliers.
Objet de pression de la part de l'opinion internationale concernant les conditions des autochtones au Congo, Léopold II est contraint de transférer en 1908 la souveraineté sur le Congo à l'Etat belge ; le territoire prend alors le nom de Congo belge.
Concernant la Force publique, de nombreux efforts furent entrepris afin de remédier aux excès du temps de l'Etat indépendant du Congo, et de faire de la Force publique une force coloniale plus classique et davantage disciplinée. Ainsi, des officiers belges remplacèrent les officiers étrangers mis en place sous l'EIC, et l'organisation interne se rationalisa autour de l'unité standard de la compagnie, commandée par un capitaine et comptant 150 soldats indigènes (Askaris) pour 4 officiers belges. L'enrôlement pour une durée de sept ans était basé sur un système de quota de recrues fixé par district. La plupart des soldats étaient armés d'un unique fusil Albini 11mm et continuèrent de porter l'uniforme bleu et le fez rouge datant de l'EIC, remplacés entre 1915 et 1917 par un uniforme kaki.
En 1914, la Force Publique comprenait environ 17.000 hommes, la plupart servant en garnison et jouant essentiellement un rôle de police sur un territoire donné.
LA PREMIERE ET SECONDE GUERRES MONDIALES
La Belgique, malgré sa neutralité, étant occupée dès la fin du mois d'août 1914, la Première Guerre mondiale fut lourde de sens pour le Congo belge. En effet, le gouvernement de la Belgique, en exil en France, n'étant alors plus apte à exercer sa souveraineté sur la métropole, chargea la Force Publique d'appuyer les troupes coloniales françaises et surtout britanniques face à l'Empire colonial allemand.
La Force publique s'illustra ainsi avec un certain succès au Cameroun (voir : Kamerun), au Rwanda, au Burundi et en Tanzanie (voir : Afrique orientale allemande) lors de la victorieuse Campagne en Afrique de l'Est.
Subissant les bombardements allemands sur les villes riveraines du lac Tanganyika et notamment le port d'Albertville (actuelle Kalemie), la Force publique, commandée par le général Tombeur et colonels Molitor et Olsen, répliqua le 18 avril 1916 et s'empara de Kigali le 6 mai 1916. Un mois plus tard, la ville d'Usumbura au Burundi, tombait face à la supériorité numérique belge. Le 17 juin, l'ensemble du Rwanda et du Burundi était occupé. Au Tanganyika, la brigade Molitor s'empara de Mwanza, avant de marcher sur Tabora, qui après plusieurs jours de combat acharné, finit par tomber le 19 septembre 1916. Les forces belgo-congolaises et britanniques occupèrent alors l'ensemble de l'Afrique orientale allemande malgré la vive résistance du général allemand Von Lettow-Vorbeck qui durera jusqu'à l'armistice de novembre 1918.
Après que la conférence de Versailles de 1919 confirma la dissolution de l'Empire colonial allemand, la Belgique obtint, en 1923, un mandat de la Société des Nations (SDN) sur le Ruanda-Urundi. Deux ans plus tard, ces territoires sont rattachés au Congo belge.
En 1936, la Belgique opta pour une politique de neutralité, ce qui n'empêcha ni l'invasion par l'Allemagne nazie le 10 mai 1940, ni la capitulation et l'arrestation du Roi Léopold III de Belgique le 28 mai.
Mais refusant la suzeraineté du IIIème Reich, la colonie se rangea spontanément aux côtés du Royaume-Uni durant la Seconde Guerre mondiale, et envoya en 1941 trois brigades d'infanterie combattre en Abyssinie italienne (voir : Campagne d'Afrique de l'Est), et dépêcha un corps expéditionnaire au Moyen-Orient.
LA PERIODE DE L'INDEP

Comments Post a comment