Kinshasa — La fin du mandat des Nations unies en RDC est d'ores et déjà chose acquise. Kinshasa n'y verrait plus d'inconvénient et s'est inscrit dans cette logique. Bien plus, Kinshasa, à en croire des informations concordantes, a demandé aux Nations unies de lui présenter un « plan de retrait » de l'effectif militaire avant le 30 juin 2010.
L'on s'attend à ce que le secrétaire général de l'Onu présente un rapport à ce sujet au Conseil de sécurité. Un rapport qui concernera également la proposition de prorogation du mandat de la Monuc qui, comme on le sait, ne doit plus dépasser six mois. « Le niveau actuel de l'effectif ne sera pas modifié, car la situation reste fragile et le processus de paix dans l'Est demeure menacé », apprend-t-on de source diplomatique.
Mais Kinshasa et New York ne partageraient plus la même vision des choses sur la mission de pacification de la RDC par la Monuc. Des divergences se font de plus fréquentes, ce qui expliquerait les séjours à Kinshasa des hauts cadres de l'Onu. Notamment le Secrétaire général adjoint de l'Onu, Alain Leroy, en charge des missions de paix dans le monde, Philippe Alston du Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme et Antonio Guterres, Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés. Séjours qui devraient permettre à toutes les parties de se convenir sur l'état des lieux de la situation sécuritaire en RDC.
La proposition congolaise est en train d'être analysée pour que les différentes tâches de la Monuc soient accomplies avant la fin de la mission. Par contre, certains observateurs affirment qu'il est utile de bien envisager ce retrait de manière progressive et que « toutes les étapes soient clairement définies à l'avance ». Dans les couloirs de l'Onu, certains experts affirment que ce « retrait ne prendrait pas moins de deux ans ».
Certes, le QG de la Monuc sera délocalisé, de Kinshasa vers une autre ville de l'Est. Mais « un désengagement précipité pourrait réduire à néant dix années d'efforts de la communauté internationale en RDC », souligne-t-on.
En fait, il y a déjà un débat qui s'engage autour de ce retrait. Cependant, des efforts devraient être consentis pour permettre à Kinshasa de disposer d'une armée et d'une police performantes en vue d'assurer la défense du territoire national et de préserver en tout instant et en tout lieu l'ordre public, la sécurité des biens et des personnes.
La stratégie de retrait devrait donc s'appuyer sur ces points précis, car comme l'on ne cesse de le souligner, la mission de la Monuc ne peut être élastique. Pour sa dignité, l'heure a sonné pour que la RDC prenne en mains sa destinée. Les partenaires devraient l'aider et l'encourager à progresser vers cet objectif.

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