Kinshasa — Bandundu. Lubumbashi. Kolwezi. Matadi. Kinshasa. Ces villes, et bien d'autres encore, ont été secouées, le temps d'un week-end, par un tsunami nommé SNEL.
Dans la boulimie bien connue de sa hiérarchie, confortée par le légendaire parasitage ministériel, la Société nationale « d'électrocution » avait décidé, voici deux semaines, d'augmenter de 300 à 400% ses tarifs basse tension. Et ce, sans tenir compte de paramètres socio-économiques du pays.
Fin octobre 2009, la tarification - forfaitaire et fantaisiste de surcroît - est passée de 8000 FC à 33 000 FC/mois par ménage moyen de la banlieue, ou de 50 000 à 350 000 FC pour une résidence cossue. Il y a cinq mois, elle était respectivement de 4000 FC et 15 000 FC.
Face à cette « provoc », il était normal que les « vaches à lait » se soulevassent. Qu'elles beuglassent pour exprimer leur mécontentement. A Bandundu, les agents SNEL ont été molestés.
A Lubumbashi, comme à Kolwezi, les maires ont dû suspendre jusqu'à nouvel ordre la distribution des factures à problème. Et c'était pour désamorcer la colère des citoyens.
A Matadi, le maire de la ville a, lui aussi, décommandé la distribution des factures du diable. A Kinshasa, de nombreux quartiers ont décidé de retourner les factures incendiaires à l'expéditeur.
Voyant ces premiers remous, la SNEL a pris conscience de sa bourde. Sur injonction du gouvernement, elle a sursis à sa vexatoire tarification, qui commençait à troubler l'ordre public.
Comme un cheveu dans la soupe, le ministre de l'Energie vient déclarer, selon l'Agence congolaise de presse, que le gel de l'abominable tarification « ne signifie pas un quelconque renoncement ». C'est « un impératif pour permettre à la SNEL de faire face à ses énormes charges d'exploitation ». Décryptage : le Pouvoir demeure sous menace.
Paradoxe ! L'ADG de la SNEL annonce que 13 projets de son entreprise « viennent de bénéficier d'un financement de la Banque mondiale ». En 2005, la même SNEL a englouti dans des frasques 32 millions de dollars payés par Brazzaville pour ses consommations. En 50 ans d'indépendance, elle ne dessert que 6% de la population de la RDC ! Triste performance.
Pour l'avenir, retenons que la tentative de surfacturation, suivie de la réaction des abonnés, fournit une historique leçon de civisme.
Les « basse-tensionnistes SNEL » se sont « pris en charge ». Ont contrecarré une arnaque. Et obligé l'apprenti arnaqueur à revoir sa copie et surtout, toute honte bue, à avaler ses vomissures.

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