Kinshasa — Léonard Mashako Mamba, ministre en charge de l'Enseignement supérieur et universitaire, est vraiment déterminé d'aller jusqu'au bout de son plan d'innovation du secteur qu'il dirige au sein du gouvernement de la République.
Professeur de son état, formé dans la vieille école, où le mal n'avait pas encore pris le dessus sur le bien, qui mieux que lui peut déceler les insuffisances criantes qui font bon ménage aujourd'hui dans notre système éducatif, et y remédier Le premier train de mesures, on s'en souviendra, était destiné à replacer le CIDEP dans son statut original, tout simplement pour éviter de soutenir la multitude d'établissements et universités qui ont vu le jour dans le pays, sans le moindre effort de la part des promoteurs de se conformer aux prescrits de la loi en la matière.
Comme le mal dans le domaine avait pris des proportions inquiétantes, une enquête de viabilité et un audit organisationnel avaient été diligentés et les conclusions sont d'ores et déjà disponibles. Il existe de nombreux autres Cidep tant à Kinshasa qu'en provinces. Et très bientôt, 4 mille à 6 mille étudiants vont se retrouver dans la rue, par ce que leurs institutions doivent cesser de fonctionner. Elles ont été crées plus dans le sens de répondre aux préoccupations des promoteurs que des étudiants, or l'Etat qui doit défendre les faibles n'est pas mort en RDC.
Comme on peut bien s'en rendre compte, Mashako ne vise personne. Des équipes de travail ont été larguées sur le terrain, elles ont récolté une moisson d'informations les unes aussi troublantes que les autres. Et dans la foulée des meures ont été prises pour limiter les dégâts dans un premier temps d'une part et d'autre part pour jeter les bases d'un avenir garanti de notre jeunesse. Beaucoup de choses ont été dites en effet sur la qualité des enseignements en RD Congo, depuis que nos professeurs ont été clochardisés. Un laisser aller coupable s'est installé dans le secteur et tout le pays en a souffert.
Tout le monde le clamait haut et fort mais il a fallu attendre la nomination d'un Mashako pour que l'on sente venir les premières mesures de redressement et d'innovation en vue de remettre le pays dans l'orbite où il évoluait il n'y a pas très longtemps, avec des enfants bien formés dans les grandes universités du monde. Et qui avait fait la renommée nationale. Aujourd'hui, si on ne prend garde, si la première génération de professeurs venait à disparaître, on serait confronté à une crise aigue d'enseignants. Mais Dieu merci, Mashako Mamba y pense et le fait plutôt bien. Réformer les ISP.
Des pays amis ont été contactés par l'homme d'Etat, la France particulièrement, afin qu'ils nous assistent dans l'enseignement, mieux le perfectionnement de la langue de Voltaire, dans nos écoles. D'autre part, l'Anglais supplante de plus en plus le français, dans certains enseignements précis, alors que rien jusqu'à ce jour n'a été fait pour rencontrer les attentes de nos intellectuels. Léonard Mashako y songe jours et nuits. Il a été émerveillé l'autre jour à l'amphithéâtre de l'ISP lorsqu'il a appris qu'à l'Unikin et à l'Isp des travaux de fin d'études ont été entièrement menés et défendus dans la langue de Shakespeare.
Comme pour le français, l'interconnexion au niveau des services informatiques des établissements et universités du pays, va sensiblement améliorer l'apprentissage et l'approfondissement de cette langue, devenue incontournable. Des compatriotes qui sont déjà en réseau dans ce domaine ont été publiquement félicités et encouragés. Le voeu du ministre est que les autres suivent, avec tout l'argent qu'ils ramassent, mais qui ne sert nullement à revaloriser les enseignements. Des cas des plus édifiants ont été rapportés à l'assemblée des dirigeants de l'ESU qui ont fait le déplacement de samedi dernier à l'ISP/Gombe.
Le ministre leur a dit qu'il y a des instituts supérieurs qui ne fonctionnent que la nuit alors que l'autorisation qui leur a été accordée leur donne droit de travailler le jour. Des Istm sans laboratoires, des Isp sans écoles d'application etc. Pire, au Kasaï, un évêque, autorité morale d'une université privée devenue le plus régulièrement du monde institution publique, s'est permis d'ignorer l'Etat alors que celui-ci continue de prendre en charge tout l'établissement et ce depuis des années.
Des écoles hermaphrodites Mashako tient à voir clair aussi dans ce qui concerne ces nombreux instituts facultaires qui voient le jour à travers tout le pays. « Que sont-il au juste, instituts supérieurs ou universités », s'est demandé l'homme d'Etat congolais ? Un recteur dans un institut supérieur, non ! Ou on est recteur et l'on dirige une université ou on est DG et l'on reste à la tête d'un institut supérieur. C'est clair. Il veillera à ce que les choses se clarifient, pour ne pas laisser les parents envoyer leurs enfants partout sauf dans des structures transparentes (ndlr). La jeune fille congolaise n'a pas été oubliée, genre oblige. Bien au contraire.
Avec la création annoncée de nouvelles filières ici et là, la Congolaise aura bien sa place dans les auditoires du pays. Les filles méritantes ne seront pas laissées à la merci des dirigeants et professeurs à la morale douteuse, a souligné le ministre qui a promis d'y veiller personnellement. Enfin, le ministre ne pouvait pas terminer son intervention sans évoquer l'épineuse question des homes. Tout le gâchis qui a été toléré dans ce chapitre, doit appartenir à l'histoire, a martelé le N° I de l'ESU. Il a dénoncé la location, la sous location des chambres et tout le tripotage que personne n'ignore, et qui n'émeut personne outre mesure. Tout ça doit cesser, a-t-il averti.
Un ultimatum a été lancé au-delà duquel des sanctions vont tomber. N'est-ce pas que le ciel commence à s'éclaircir ? Qui avait osé tenir un langage aussi transparent avant Mashako ? Ne dit-on pas que vouloir, c'est pouvoir ?
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