La deuxième production musicale de Yérel Kâ, « Ahmadou Hampathé Bâ », sortie ce 10 novembre, est un mélange d'instruments modernes et traditionnels donnant à savourer des rythmiques acoustiques et afro-beat. Cet album signe le retour de Yérel sur la scène musicale, après six ans d'absence.
De deux pour Yérel Kâ ! Le chanteur peulh originaire du village de Kondjo, près de Mboro, vient de sortir « Ahmadou Hampathé Bâ », son deuxième album dédié à ce monument de l'écriture et grand érudit africain. Cette production de quatorze titres est disponible sur le marché sénégalais et en Angleterre depuis le 10 novembre. Elle vient après « Diawandel », sa première cassette sortie en 2002 avec le concours de Baba Maal.
« Ahmadou Hampathé Bâ » reste une co-production entre Yérel et le studio « Tabala » dirigé par Libasse Mbaye. Comme le premier album de l'artiste, cette dernière production de Yérel Kâ reste un métissage entre tradition et modernité. Au fil des morceaux peut être découverte une variété de rythmiques comme l'acoustique et l'afro-beat. Outre l'hommage qu'il rend à Ahmadou Hampathé Bâ, à travers un titre éponyme, Yérel développe d'autres thèmes tels le retour de la paix en Afrique, « Africa », la solidarité entre voisins (Loubal). Dans d'autres chansons, Yérel, en bon peulh, y conte l'histoire qui lie son ethnie au bétail. Cet album signe ainsi le retour de Yérel Kâ sur la scène musicale sénégalaise après une longue absence.
Symbole de la culture fulbé Jeeri (les peulhs des terres du Dieri), Yérel n'est pas un inconnu dans sa communauté. A travers sa musique, il a réussi à se faire un nom dans les coins les plus reculés du Sénégal, en Mauritanie et en Guinée Conakry. N'étant guère issu d'une famille de wambambé, les griots en peulh, Yérel s'est fait remarquer à l'âge de 20 ans grâce à la diva Penda Madame Bâ qui fera de lui son bras droit.
Après la mort de Penda Madame, Yérel marquera un temps d'arrêt pour méditer sur la disparition de celle qui fut sa protégée. Mais il réussit à franchir cette période difficile puis à former son groupe en compagnie d'Issa Mbaye Diari, l'un des meilleurs violoncellistes du pays. Ensemble, ils partent à la reconquête du Sénégal à travers les « hiirdé », ces soirées nocturnes où il y a une communion entre l'artiste et son public.
En 1990, Yérel va franchir un nouveau pallier en organisant des concerts où il commence à combiner les instruments modernes et traditionnels, genre en vogue en cette période chez les naalankobé fulbé et Haalpulaaren. Yérel ne tarda pas à se faire remarquer à Thiès et Dakar. Ce qui sera d'ailleurs à l'origine de sa rencontre avec Baba Maal, en 2002, et la sortie de sa première cassette. Toutefois, celle-ci ne connut guère un grand succès à cause d'un manque de promotion. Avec « Ahmadou Ampathé Bâ », Yérel compte sortir cinq clips et faire une tournée au Fouta dans les prochaines semaines.

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