L'une des priorités de l'Organisation mondiale de la santé est d'établir des liens étroits et efficaces entre la vie sexuelle, la santé reproductive et le Vih/Sida.
Dans les pays en voie de développement en particulier, deux entités se font face, toutes rattachées au ministère de la Santé. D'un côté, la Cellule de lutte contre le Sida et, de l'autre, la Division de la santé de la reproduction. 'Ces entités sont institutionnellement et financièrement séparées. Et elles ne se parlent pas, alors qu'elles doivent se compléter', explique le Docteur Manjula Lusti-Narasimhan, expert de l'Organisation mondiale de la santé, chargé des liens entre vie sexuelle, santé reproductive et Vih/Sida que nous avons rencontrée à Kampala, lors de la Conférence internationale sur la planification familiale.
Pis, durant ces dernières décennies, le Vih, le paludisme et la tuberculose ont mobilisé beaucoup de fonds au grand dam de la planification familiale. 'Les courbes que nous avons par pays montrent que le montant alloué par les bailleurs à la planification familiale représente le cinquième du budget destiné au Vih/Sida', déplore le Docteur Manjula Lusti-Narasimhan. Face à cette situation 'inconfortable', l'Oms se propose d'apporter des correctifs en faisant en sorte que les responsables des programmes Sida et Santé de la reproduction s'assoient autour d'une même table.
Pour l'Oms, il s'agit de mettre en place un paquet de services qui permettraient de prendre en compte aussi bien les aspects prévention du Vih que la santé sexuelle et reproductive. 'Si on prend l'exemple des préservatifs, les acteurs de la réponse contre le sida ne prennent pas en compte l'aspect contraception. Et ce sont des volets complémentaires', souligne l'expert de l'Oms, ajoutant que la mise en place de ces services intégrés peut fonctionner de manière concrète avec des choses simples.
En somme, la stratégie consiste à intégrer les méthodes contraceptives dans la prévention contre le Vih/Sida. Selon l'Oms, ce paquet de services va également intégrer l'éducation sexuelle chez les jeunes filles, la lutte contre les violences faites aux femmes, les droits humains et l'égalité et l'équité de genre.
Seulement, au niveau des pays en développement, on ne se bouscule pas encore devant la porte de l'Oms pour la mise en place de ce paquet de services. Selon le Dr Docteur Manjula Lusti-Narasimhan, peu de pays en Afrique ont déjà exprimé le besoin de cette évaluation. Il s'agit du Botswana, de l'Ouganda, du Malawi et de la Tanzanie qui ne sont que des pays anglophones. Pourtant, des fonds existent pour cela. Il suffit juste que les pays en fassent la demande auprès de l'Organisation mondiale de la santé, rassure l'expert chargé du lien entre vie sexuelle, santé reproductive et Vih/Sida. Déjà, certains Asiatiques se sont lancés dans cette évaluation et les résultats obtenus ont été très satisfaisants, souligne l'expert de l'Oms.

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