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Gabon: Réunion au ministère Eaux et Forêts - Les experts placent la bonne gouvernance au coeur de la préservation de l'écosystème

Libreville — La première journée de la Réunion de Planification Stratégique du Programme Marin et Côtier (MACO), qui s'est tenue lundi au ministère des Eaux et Forêts, de l'Environnement et du Développement Durable à Libreville, a placé la bonne gouvernance au centre des enjeux de préservation de l'écosystème régional, a constaté le reporter de GABONEWS.

Organisée concomitamment par le ministère de l'Environnement et l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), la rencontre a donné l'occasion aux scientifiques et aux représentants d'organisations régionales en présence, de pousser la réflexion autour des obstacles qui freinent sur le littoral sous régional, le développement de la biodiversité notamment. Aussi, en prélude aux séances plénières, et afin de « partager les efforts et les expériences de l'UICN dans la région d'Afrique de l'ouest », l'assistance a été instruite sur les principaux programmes et projets environnementaux déjà mis en place par l'Institution.

Ainsi, une mention particulière a été faite au programme Régional de Conservation de la zone Marine et côtière d'Afrique de l'ouest (PCRM), qui selon son directeur, Ahmed Senhouri, a permis la « conservation de la biodiversité, la gestion durable des pêches et l'appuie au processus de gestion intégrée » dans 7 pays (entre autres la Mauritanie , le Sénégal et la Guinée Bissau ) ayant en partage des écosystèmes quasiment identiques. Dans un cadre global, le coordonnateur du Programme pour l'Afrique Centrale et Occidentale (PACO, dans lequel le MACO s'insère), Jean-Marc Garreau, a présenté l'initiative dont il a la charge, en précisant toutefois qu'elle s'inscrivait dans le plan quadriennal de l'UICN (2009-2012) et se fondait sur cinq thématiques dont la conservation des forets, des aires protégées et des ressources en eau et en zones humides. Sur un tout autre point, les discussions en plénières, présidées par le Coordonnateur par Intérim de la Convention d'Abidjan, Nasséré Kaba, ont pour leur part abordé trois thématiques.

Il s'est agit principalement de l'Etat des écosystèmes et des ressources dans la région du bassin du Congo et des principaux problèmes environnementaux répertoriés. Sur ce dernier point, les contributions des experts en présence ont été regroupées sous le vocable de la gouvernance. S'agissant de la gouvernance transfrontalière, prenant en exemple le cas de la zone de Bakassi (entre le Nigeria et le Cameroun) et de l'Ile Mbanié (« opposant » le Gabon à la Guinée équatoriale), l'assemblée a déploré la persistance de désaccords entre Etats, qui freinent les activités de préservation environnementales. La gouvernance foncière, a fait apparaître quant à elle la nécessité de mise en place d'une « vison prospective d'aménagement du territoire », assorties « d'audits environnementaux », devant précéder toutes constructions sur le littoral.

Induisant la problématique de l'exploitation minière, et mettant en garde les autorités gabonaises concernant l'Ile Mbanié, il a été rappelé qu'au Congo-Brazzaville, la construction du port de Pointe-Noire (par le transit sédimentaire) a engendré des dommages dans une partie de la zone nord qui est passée de lagune à baie. Enfin déplorant la faible circulation des informations et de connaissances scientifiques dans la sous région, la plénière a plaidé pour une perspective de communication « interrégionale ». Ouverte ce lundi par le Secrétaire général du ministère des Eaux et Forêts, Adam Florence Enkodo, la Réunion de Planification Stratégique du Programme MACO, prendra fin le 17 novembre prochain. Selon le, coordonnateur du MACO, Matthieu Ducroc, il s'agira de savoir « de quelle manière l'UICN, très présent en Afrique de l'Ouest, va pouvoir collaborer plus fortement et se lancer dans la voix d'une coopération régionale »- en Afrique centrale.

L'organisation de cette réunion conjointe avec l'UICN, fait suite au mandat donné au ministère de l'environnement lors du Conseil des ministres du jeudi 12 novembre dernier. Cette rencontre intervient quelques semaines après que le ministère des Mines, du Pétrole et des Hydrocarbures, dans un communiqué, ne recommande aux exploitants de sable sur le littoral librevillois, de nouvelles zones d'extraction « à titre transitoire ». Crée en 1948, et basé à Gland (Suisse), l'UICN est un des plus « vaste réseau mondial de protection de l'environnement ». Possédant le statut d'observateur officiel auprès de l'Assemblée générale des Nations Unies, l'organisation est composée d'une cinquantaine de bureaux à travers le monde, et compte plusieurs organisations membres réparties dans 160 pays. En Afrique, le réseau est présent avec 17 bureaux consacrés à la gestion de projets déployés entre notamment l'Afrique du Sud, la Mauritanie et le Gabon.


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