Les temps semblent désormais comptés pour la Mission des Nations unies au Congo (Monuc). Le président Joseph Kabila l'a dit et répété. Il souhaiterait qu'à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance de son pays en juin 2010, l'ONU présente un plan de retrait de ce contingent onusien fort de 20 000 hommes, en majorité de militaires et policiers.
20 000 hommes, c'est sans doute la plus importante opération de maintien de la paix menée par les Nations unies dans le monde. Et cela dure depuis 10 ans. En demandant le départ de ces Casques bleus du Congo, Kabila veut prouver à la face du monde qu'il a désormais une totale maîtrise de la gestion de son vaste pays. Il ne veut plus entendre dire que la RDC est un pays incapable de se suffire à lui-même, un géant aux pieds d'argile qui caracole depuis déjà bientôt une décennie sous la tutelle de la communauté internationale.
Le président congolais qui entend briguer un nouveau mandat en 2011, se devait de lancer des signaux forts pour donner la preuve qu'il est à même de gouverner et de pacifier son vaste Congo qui reste, quoi qu'on dise, le 3e plus vaste pays d'Afrique après le Soudan et l'Algérie, et le plus peuplé d'Afrique centrale avec quelque 70 millions d'habitants. Pour être élu sans trop d'accrocs, il a besoin de se montrer digne de confiance aux yeux de ses compatriotes.
Après avoir mis hors d'état de nuire son grand opposant, Jean Pierre Bemba, qui n'en finit pas de se débattre entre les mailles de la Cour pénale internationale à la Haye, et dont les partisans restés au pays semblent avoir totalement perdu leur repère, le jeune président congolais ne cesse de pavoiser pensant venue l'heure de dire au revoir à la Mission des Nations unies au Congo ; dans un élan souverainiste. Bemba mis hors jeu, quel homme politique congolais pourrait encore lui empêcher une réélection ? Nous n'en voyons pas pour le moment.
Certes, après une dizaine d'années de présence au Congo, le bilan de la Monuc demeure bien mitigé et il y a vraiment lieu de s'interroger sur l'opportunité de prolonger indéfiniment son mandat si les résultats semblent peu probants.
Qui pis est, il en existe au sein des Casques bleus des canards boiteux qui affichent crânement un comportement en déphasage avec l'orthodoxie en matière d'assistance, comme s'ils étaient en territoire conquis ; ce qui a pour conséquence de froisser certaines susceptibilités locales, toutes choses qui auraient milité pour que le président Kabila demande officiellement leur départ. Mais Joseph Kabila a-t-il vraiment les capacités de pacifier totalement ce grand pays sans l'aide de la communauté internationale ?
La question reste vraiment posée si l'on sait que la situation dans le Kivu où il existe un conflit armé opposant les forces régulières aux rebelles congolais, est encore loin d'être apaisée. Demander un désengagement de la Monuc signifie surtout que les autorités de la RDC ont amélioré les capacités de leurs forces armées, de leur police, de leur administration, bref de leur gouvernance.
Alors qu'à entendre ceux bien au fait de la géopolitique dans ce pays, rien de tout cela. Le pays de Kabila qui reste un scandale géologique, continue de végéter dans la malgouvernance. L'indépendance a un prix qu'il faut accepter de payer.

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