Kinshasa — « Malgré la crise qui frappe la RDC, il ne faut pas oublier l'égalité des chances et les droits de l'enfant », tel est le message que la représentante du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), Mme Pierrette Vu Thi , a lancé à la population et aux autorités congolaises en prélude de la célébration des 20 ans de la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE).
Se confiant au journal Le Potentiel, la représentante de l'Unicef dit avoir constaté en RDC que la violation des droits de l'enfant est flagrante. C'est la raison pour laquelle l'UNICEF s'attelle à appuyer toute initiative visant le respect des droits et libertés de l'enfant.
Mme Pierrette Vu Thi pense que la RDC doit renforcer certains aspects de la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE), notamment en matière de justice juvénile et de programme de survie.
« L'enfant doit être protégé. C'est cela même le fondement de son avenir. On ne peut pas non plus discriminer un enfant. Car, un enfant né dans un village a pratiquement les mêmes droits avec celui qui est né en ville. Nous en sommes convaincus et nous travaillons pour cela », a-t-elle déclaré.
A son avis, la CDE est le document le plus ratifié du monde. Elle est basée sur quatre principes : survie, développement, protection et participation de l'enfant. Son adoption par les Nations unies a permis de porter un nouveau regard sur l'enfant. Chaque principe, rappelle-t-elle, regroupe un des droits dont doit jouir chaque enfant.
La survie renferme le droit à la vie, le droit à la satisfaction de ses besoins, le droit à la nutrition, aux soins médicaux et autres.
Le développement de l'enfant implique le droit à tout ce dont il a besoin pour se développer. Il s'agit notamment de l'éducation, des jeux, du repos, des activités culturelles, de l'accès à l'information, la liberté de pensée, et de la liberté de religion.
En outre, l'enfant doit être protégé contre toutes les formes de violences que sont les tortures, le travail des enfants, les enfants déplacés et leur exploitation sexuelle.
La participation vise à faire jouer à l'enfant son rôle d'acteur en matière de droits à exprimer son opinion, à donner son avis, à participer aux réunions pacifiques, aux activités scientifiques et autres.
APPUI AU PROGRAMME DE REINTEGRATION DES ENFANTS SOLDATS
« La CDE est un traité international le plus ratifié, elle va au-delà des applications juridiques et permet de faire évoluer les attitudes envers les enfants. Ses normes sont applicables à toute personne de moins de 18 ans. C'est le fondement même de la mission de l'Unicef », signale Mme Pierrette Vu Thi.
Dans un pays où la population, particulièrement les enfants, a vécu les affres de la guerre pendant plus d'une décennie, l'Unicef apporte son appui sur tous les fronts, dans le cadre du respect de la CDE. Elle se penche spécifiquement sur le sort des enfants soldats et les victimes des violences sexuelles.
« Nous appuyons le programme de réintégration des enfants soldats. Depuis 2008, plus de 7000 enfants sont sortis des groupes armés. Il faut les aider à retourner dans leurs familles. Il y a un processus de réinsertion psycho-sociale car ils ont été traumatisés. La réintégration se fait sur le plan professionnel, économique et au sein de la société. Comme il s'agit des enfants qui ont été traumatisés par les faits de la guerre, le travail s'effectue à la fois avec les enfants eux-mêmes et avec les communautés d'où ils sont venus », explique-t-elle.
A la question de savoir ce qu'il faut faire pour que les enfants soldats démobilisés ne deviennent pas une bombe à retardement, Pierrette Vu Thi répond que le programme DDRR comprend la formation, pour leur faire oublier tout ce qu'ils ont vécu lorsqu'ils étaient recrutés dans l'armée.
Mais, ils méritent une protection à double titre parce qu'ils sont un groupe à risque, pouvant être « re-recrutés » même après avoir été réinsérés si l'on n'y prend garde, avertit-elle.
PLUS DE 300.000 ENFANTS VONT A L'ECOLE
Pierrette Vu Thi note des « avancées » depuis la ratification de la CDE par la RDC, où plus de 300.000 enfants vont à l'école grâce également à des textes juridiques et bien d'autres documents ou lois relatifs à la protection de l'enfant.
Il s'agit du Code de la famille ainsi que des lois portant respectivement sur les violences sexuelles et la protection de l'enfant. Un autre code pour la participation de l'enfant serait en préparation avec le concours du ministère du Genre, Famille et Enfant.
Lors de la deuxième revue du 2ème rapport du gouvernement sur l'application de la convention en janvier 2009, il est apparu que la RDC a besoin d'en renforcer certains aspects, en matière de justice juvénile, de programme de survie et les enfants abandonnés.
A propos de la participation, Mme Pierrette Vu Thi clarifie le rôle central de l'Unicef au niveau du suivi de l'application et d'appui. Elle affirme que son organisme « n'intervient qu'en appui (car) la responsabilité ultime de la mise en oeuvre incombe au gouvernement et à la société civile », qu'« il n'y a pas assez d'avancée » mais qu'il est « prêt à appuyer toute initiative » allant dans ce sens.
Au plan de la survie, Pierrette Vu Thi dit que l'Unicef a appuyé une campagne de distribution des moustiquaires imprégnées d'insecticide dont ont bénéficié des enfants à l'Equateur et au Maniema en raison de trois par ménage. L'appui de l'Unicef est également permanent dans les campagnes de vaccinations.
L'Unicef appuie le programme de réinsertion des enfants de rue, des enfants victimes des violences sexuelles, le programme « villages assainis » et les OMD qui cadrent avec le CDE.
Mme Pierrette Vu Thi déclare que tout ce travail se fait en partenariat avec le gouvernement, la société civile et les groupes religieux, disant qu'ils ont une très bonne influence pour faire passer certains messages par rapport au bien-être et que les appuis de l'Unicef seront accentués.
L'application de la CDE et de toutes les lois et autres textes qui s'y réfèrent dénote d'une volonté politique. « Nous emmenons de l'appui, en contrepartie, il y a l'engagement du gouvernement », conclut Mme Pierrette. Principes directeurs de la CDE
Conclue à New York le 20 novembre 1989, la Convention relative aux droits de l'enfant a été le premier instrument à énoncer toute la gamme des droits humains internationaux- y compris les droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux et certains aspects du droit humanitaire.
Les articles de la Convention peuvent être regroupés en quatre catégories de droits et un ensemble de principes directeurs. Des clauses supplémentaires (articles 43 à 54) proposent des mesures de mise en oeuvre de la Convention, en expliquant comment les gouvernements et des organisations internationales, comme l'Unicef, peuvent s'assurer que les droits des enfants sont protégés.
Les principes directeurs de la Convention sont la non-discrimination ; la priorité donnée à l'intérêt supérieur de l'enfant ; le droit à la vie, à la survie et au développement; et le droit de participer. Ils représentent les conditions nécessaires à l'exercice de tous les droits.

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