Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Ultimatum - Les enseignants menacent d'aller en grève

Kinshasa — Le cauchemar social n'est pas encore terminé. Après les médecins, les enseignants qui jusque-là se retenaient encore, sont en train de sortir de leurs gongs. En effet, au cours de leur dernière assemblée générale, ils viennent d'adresser un ultimatum de 10 jours au gouvernement. Si d'ici le 24 novembre, aucune solution aux problèmes des enseignants n'est trouvée, ils boycotteront toutes les épreuves d'évaluation.

L'on se souviendra que lors de la rentrée scolaire, quand bien même elle se soit déroulée normalement, les enseignants n'avaient pas pour autant baissé la garde. Ils exigeaient à ce que le gouvernement consente particulièrement à l'harmonisation des salaires des enseignants sur toute l'étendue du pays. Si l'on s'en tient à la rencontre du 14 novembre, le Gouvernement n'a pas donné satisfaction à ces revendications. Aussi, les enseignants ont-ils décidé d'exercer une réelle pression sur le gouvernement pour que satisfaction leur soit donnée. Car ils constatent qu'il y a toujours ce manque de volonté politique de la part de l'Exécutif. Dès lors que la Commission économico - financière de l'Assemblée nationale s'apprête à déposer son rapport sur l'examen du projet du Budget 2010, le syndicat des enseignants estime que le moment est propice pour attirer l'attention des institutions nationales sur leurs conditions de travail et de vie.

Comme on peut le constater, il y a crainte que le front social soit perturbé. Il n y a pas longtemps, les médecins étaient en grève, avec toutes les conséquences négatives sur la santé des populations. Si le Gouvernement ne réagit pas vite, avec des solutions satisfaisantes, c'est le corps enseignant qui ira en grève.

En fait, le moment choisi est celui des évaluations. Disons, du déroulement des épreuves des examens qui risque d'être perturbé avec des conséquences préjudiciables sur le programme scolaire. Ainsi, les examens qui précèdent chaque fois les vacances de Noël pourraient ne pas avoir lieu. Une « telle épreuve de force » est susceptible de porter un coup dur à la qualité de l'enseignement et à la capacité intellectuelle des élèves.

Et pourtant, ce sont des situations connues depuis des décennies par tous les gouvernements qui se sont succédés dans notre pays. Mais il ne se passe jamais une année scolaire sans que les enseignants tapent du poing sur la table avant d'aller en grève. En lieu et place des solutions durables, on se complait avec des palliatifs comme si l'on était pressé de se débarrasser d'un « dossier gênant » pour laisser à d'autres le soin de s'en occuper.

Il est temps que le gouvernement sache assumer ses responsabilités, non pas de façon ponctuelle sur fond de saupoudrage, mais de poser des actes positifs pour un meilleur devenir de ce pays. Car il est totalement déroutant d'observer des secteurs-clés de la vie nationale soient gérés avec une légèreté criminelle. Décidément, la RDC n'est pas encore sortie de l'auberge.


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