Kinshasa — Selon le ministre des Mines, un point final a été mis au processus de revisitation des contrats miniers. Il l'a annoncé solennellement samedi dernier au cours d'un point de presse animé collégialement avec le ministre de la Justice. Naturellement, le vice-ministre des Mines a brillé par sa présence.
Point final ? Mon voisin de gauche est d'un avis contraire. Il affirme être resté sur sa soif. Selon lui, un terme a été mis au processus de la revisitation mais la problématique des mines reste entière.
En fait, mon vis-à-vis estime que les mines rapportent gros, même très gros. Mais, les recettes vont toujours en fumée. Allusion faite au rapport de la commission sénatoriale dite Mutamba Dibwe.
Ce rapport révèle que, du fait des contrats miniers et autres conventions minières, la RDC perd au moins 450 millions Usd par an. Que le ministre des Mines dise ce jour que le processus de revisitation a dégagé un total de 307.283.040 Usd, ne peut que laisser pantois. Car, c'est trois fois rien. Rien vaille par rapport à un total estimé de 1.350.000 Usd au bout du processus entamé en 2007. D'autant que, nulle part dans le rapport de la fin du processus de revisitation, il n'est fait mention des pertes enregistrées par la partie Gouvernement.
Pourquoi cette cachotterie ? A qui profite-t-elle ?
Pendant ce temps, des services de l'Etat chargés de percevoir les droits superficiaires se battent des chiffonniers. Cela s'appelle manque à gagner, selon les termes bien contrôlés d'un député provincial du Katanga, relayé par la radio onusienne. Cette bouche autorisée note que les revenus des produits miniers empruntent le chemin des poches de quelques individus.
« Ce sont des particuliers qui s'enrichissent au détriment de la nation », argue ce député élu de Kolwezi. Et il ajoute, sans bégayer, que les négociateurs des contrats ont privilégié des intérêts particuliers plutôt que ceux de la nation.
A sa suite, d'autres membres de l'Assemblée provinciale de la province du cuivre estiment que les dégâts causés par l'exploitation minière sur l'environnement ont été minorés ou tout simplement ignorés. Est-ce pour dire que les 300 millions Usd générés ou à générer- encore que ce ne sont que des pas de porte- peuvent compenser la destruction de l'écosystème et les effets négatifs sur la santé publique? Il semble que le gouvernement, à cette question, préfère faire la fine bouche. Soit ! Le passé rattrape toujours les siens. Pour l'instant, les mines, de l'avis de mon voisin de gauche, sont minées.

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