Un rôle de leader d'opinion pour changer les comportements
Le 20 novembre prochain, l'Unicef célébrera le 20e anniversaire de la convention des droits de l'enfant qui a, au cours des deux dernières décennies, servi de base à la consolidation des droits qui ont été adoptés dans les différents pays au profit des enfants.
La cinquième conférence régionale de l'Unicef, pour la région de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, s'est tenue au début du mois à Beyrouth, sur le thème du rôle des médias dans la promotion des droits de l'enfant, accueillant des représentants des bureaux régionaux de l'Unicef ainsi qu'un grand nombre de professionnels des médias qui ont débattu sur les droits de l'enfant, apportant des propositions et des recommandations sur la manière dont les médias pourraient contribuer à changer les comportements en vue d'une meilleure promotion des droits de l'enfant.
Former des journalistes sur la question des droits de l'enfant
Les communications qui ont été données se sont articulées autour de cinq droits principaux , à savoir le droit à l'éducation, le droit à la protection contre la violence, l'exploitation ainsi que le commerce des enfants, le droit contre la discrimination, le droit de jouer et le droit à la participation. Peut-on concilier entre le droit à la protection de l'enfant et les intérêts des médias dont la plupart ont tendance à privilégier le sensationnel ? C'est la problématique qui a été posée par M. Elie Harb, journaliste travaillant pour la chaîne LBC. La photo de la mort de Mohamed Dorra, qui a été diffusée dans le monde entier, a été citée en exemple et fait l'objet d'un débat entre les participants. Fallait-il ou ne fallait-il pas passer une telle photo ? Est-ce anti-déontologique ou peut-on au contraire diffuser des images de violence perpétrée contre les enfants?
Les experts et journalistes présents se sont, ainsi, accordés à dire qu'il est fondamental de protéger l'intégrité des enfants, émettant une série de propositions, dont celle d'organiser des rencontres d'information et de sensibilisation au profit des médias et d'organiser des sessions de formation pour les journalistes, afin de faire la lumière sur les problèmes des enfants et de réfléchir aux moyens de les protéger dans les médias. Par ailleurs, une autre proposition a été émise, à savoir le fait qu'une charte commune doit être établie entre les médias arabes fixant des principes communs de diffusion des images.
Une autre question, qui a été soulevée, concerne le contenu et la nature des programmes destinés aux enfants. En effet, l'un des droits des enfants cité dans la convention est d'être, à l'instar des adultes, constamment informé. Or, existe-t-il suffisamment de programmes et de chaînes spécialisées pour les enfants ? Quel contenu proposent-ils pour cette tranche spécifique de la population ? Des journalistes présents ont émis à ce sujet des recommandations, proposant notamment de prendre l'avis des enfants sur ce qu'ils désirent voir comme programmes à la télévision, axant, par ailleurs, sur le fait qu'il est possible, éventuellement, de les faire participer à l'élaboration de ces programmes. Un autre participant a, de son côté, insisté sur le fait qu'étant donné que les enfants sont des interlocuteurs présentant leurs spécificités et leurs particularités, il est, par conséquent, important de savoir comment engager le dialogue avec eux et quels types de questions il faut leur poser. Des recommandations ont été avancées à ce propos mettant l'accent sur le fait de former et de spécialiser des journalistes dans la question des droits de l'enfant.
Changer les comportements
Quels sont les défis qui se présentent, aujourd'hui, aux médias pour qu'ils puissent jouer convenablement leur rôle dans la promotion des droits de l'enfant? Cette problématique a également été évoquée au cours de ce séminaire qui s'est étalé sur trois jours. Les médias sont, en effet, appelés, à travers leurs programmes, à constamment informer et sensibiliser sur les problèmes et les dangers auxquels sont exposés les enfants. Ainsi, les pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord prennent de plus en plus conscience des problèmes liés à la protection de l'enfance, tels que la violence, la maltraitance et l'exploitation et ils ont adopté des lois pour protéger les enfants d'autres pratiques qui restent encore tolérées, à l'instar de la mutilation génitale et des châtiments corporels, causant beaucoup de tort aux enfants. Par ailleurs, au Yémen, l'utilisation des armes par les enfants est fréquente, alors qu'en Egypte, on observe un taux de suicide important chez les adolescents, étudiant au secondaire. Les journalistes se sont accordés à dire, à ce propos, que certaines coutumes et traditions, qui peuvent constituer un danger, ou porter atteinte à l'intégrité, pourraient finir par disparaître, si les médias contribuent à changer les comportements, en diffusant des programmes de sensibilisation. La qualité du système éducatif ainsi que les moyens à mettre en oeuvre pour l'améliorer davantage, dans certaines régions, a également été au centre du débat. Un groupe d'élèves ont apporté leurs témoignages et ont participé à la discussion, en émettant des propositions.
A la fin de ce séminaire, une palette de journalistes ont été récompensés pour leur contribution à la promotion des droits de l'enfant et les efforts de sensibilisation entrepris, tout au long de l'année, pour informer et sensibiliser sur les problèmes de l'enfance.

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