Wal Fadjri (Dakar)

Guinée Bissau: Extension de la plate-forme continentale

La Guinée-Bissau veut étendre les limites de sa plate-forme continentale qui passera de 200 à 350 miles. Ce qui lui permettra ainsi d'élargir son territoire de 36 mille à 58 mille Km2 et d'exploiter les énormes gisements de pétrole offshore qui s'y trouve.

La superficie de la plate-forme continentale de la Guinée-Bissau va passer de 200 à 350 miles. La décision a été prise par les autorités qui souhaitent désormais profiter des énormes potentialités sous marines pour amorcer le développement socio-économique de leur pays. Une étude, dans ce sens, a été effectuée récemment, grâce au soutien technique et financier du gouvernement norvégien. 'Une étude sur les possibilités d'extension de la plate-forme continentale et le tracé de ses nouvelles limites a été faite avec l'appui du gouvernement norvégien. Le document qui a été élaboré à la suite de cette étude a ensuite été remis au Conseil des ministres qui l'a approuvé', a ainsi déclaré notre source.

La Guinée-Bissau, qui est signataire de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, depuis 1986, a déposé ledit document au bureau du Secrétaire général des Nations unies, Ban-ki moon. Bissau entend ainsi respecter les procédures normales dans ce genre de situation. Si le document est approuvé, en l'état, par l'Onu, cela voudra dire que la Guinée-Bissau pourra désormais étendre sa zone d'exclusivité maritime et élargir sa superficie territoriale. 'Si le document est approuvé, cela nous permettra d'élargir la superficie de notre territoire qui passera ainsi de 36 mille à 58 mille K2. Ce qui nous permettra ainsi d'exploiter les énormes richesses sous marines et les ressources halieutiques qui s'y trouvent', précise encore notre source.

Outre le poisson, les eaux bissau-guinéennes regorgent aussi d'importantes réserves de pétrole offshore. Plusieurs compagnies étrangères notamment angolaises, brésiliennes ont été autorisées ces dernières années, par le gouvernement, pour explorer l'or noir. Les recherches sont concentrées sur la façade maritime du pays et qui s'étend sur près de 500 km, entre la frontière maritime avec le Sénégal (au Nord) à celle de la Guinée-Conakry (au sud). On se rappelle qu'un conflit armé avait brièvement opposé, au début des années 90, les armées sénégalaises et bissau-guinéennes. Les deux pays se disputaient à propos d'un différend portant sur le tracé de la frontalière maritime supposée alors contenir d'importantes réserves de pétrole lourd.

Le président Abdou Diouf avait décidé, à l'époque, de concéder une partie de ces gisements à la Guinée-Bissau dans le cadre de l'application d'une politique d'apaisement. Les autorités bissau-guinéennes avaient accepté ce principe avant de se rebiffer, quelques années plus tard. Elles avaient demandé une révision de l'accord estimant que leur pays avait plutôt été lésé. Après l'alternance survenue en mars 2000, le président Abdoulaye Wade s'était engagé, pour sa part, à concéder 25 % de ces réserves de pétrole à la partie bissau-guinéenne. Rappelons par ailleurs, que les armées guinéennes et bissau-guinéennes avaient aussi failli se battre, au milieu des années 70, pour un problème similaire.

Les eaux territoriales bissau-guinéennes sont parmi les plus poissonneuses au monde. Elles font, toutefois, l'objet d'un pillage systématique par des navires de pêche étrangers notamment européens et asiatiques. Des milliers de pirogues en provenance des pays de la sous région squattent également ses eaux, à la recherche de poisson devenu rare, dans leurs pays d'origine. On y rencontre, entre autres, des Sénégalais, des Guinéens, des Sierra-léonais, des Maliens et des Ghanéens. Le gros du contingent a élu domicile dans l'archipel de Bidjagos (qui comprend 80 îles et îlots dont la plupart ne sont pas habités). Ces îles, qui sont situées à des dizaines de km au large de Bissau, sont aussi la zone de prédilection des narcotrafiquants. Les Ãéles d'Orango et de Caravela abritent aujourd'hui une importante colonie de pêcheurs sénégalais, ghanéens et guinéens.

La Guinée-Bissau, qui a une superficie de 36 mille Km2, comprend une partie continentale qui représente les 2/3 de sa superficie et une partie maritime qui couvre le 1/3 du territoire national. Avec l'extension annoncée de sa plate-forme continentale, le pays aura une superficie de 58 mille Km2, selon les auteurs de cette étude. La Guinée-Bissau, rappelons-le, est l'un des rares pays de la sous région à avoir demandé l'extension de sa plate-forme continentale.


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