Libreville — Les Directeurs du Centre National du Cinéma (CENACI) et du Centre Culturel Français (CCF) de Libreville, Léon Imunga Ivanga et Guy Lacroix, s'exprimant à la faveur d'une interview accordée à GABONEWS, ce mercredi, au sujet de la 4e édition des Escales Documentaires de Libreville, ont affirmé leur volonté de faire de ce Festival « une référence » à l'échelle africaine.
« Nous voulons faire de ce festival une référence au niveau africain, et je pense que cela passe aussi par la communication. C'est en ce sens que les médias pourraient agir énormément, en faisant l'écho de cet évènement », a déclaré M. Ivanga. Dans la même lancée, M. Lacroix de poursuivre : « « Le CENACI et le CCF veulent réellement stimuler la création de documentaires localement. L'Afrique doit créer ses images.
Et nous voulons créer progressivement un cercle de professionnels qui fera connaître ce festival. Je pense que nous sommes dans la bonne voie ». renforçant la volonté des deux structures à faire la promotion du « talent gabonais », le numéro un du Centre de la Cinématographie a également parlé des initiatives de production de documentaires nationaux. « Nous souhaitons développer la production de documentaires gabonais.
Depuis la création de ce festival en 2006, nous avons lancé des appels à projets, et nombreux sont les réalisateurs qui ont vu leurs projets retenus et produits par le CENACI ». « Cette année, a poursuivi Guy Lacroix, nous projetterons « Itchinda ou la circoncision chez les Mahongwé » de Antoine Abessolo Minko, projet qui avait été retenu les années précédentes dans le cadre de nos appels à projets précisément. Et cette année toujours, nous avons retenus deux nouveaux projets qui seront financés par le CENACI ».
Dévoilant la programmation de cette nouvelle édition des « Escales documentaires », le Directeur du CCF a indiqué que « l'actualité » et « l'éclectisme » ont été le point commun des productions retenues. « Nous offrirons au public des films de grande actualité, tel 'La vida loca', film de Christian Poveda sur les gangs. Et nous savons que ce réalisateur a payé de sa vie pour ce film. Ce qui démontre bien que les documentaristes sont des artistes engagées ».
« Tous les films sont nouveaux, ils n'ont jamais été projetés. Seul "Question à la terre natale", réalisation du père du documentaire africain, Samba Felix Ndiaye, auquel nous rendrons hommage, a déjà été projeté » a-t-il poursuivi. De même, selon Guy Lacroix, la tribune qui sera faite aux oeuvres de la réalisatrice Jihan El Tahi, constituera un « moment fort » du festival. « Nous avant invité Jihan El Tahi qui est une cinéaste franco égyptienne, dont nous avions déjà présenté un film exceptionnel intitulé "Cuba une odyssée africaine", et dont nous présenterons trois (3) films, notamment "Behind the Rainbow", film qui traite de l'évolution du Congrès National Africain (ANC, parti au pouvoir en Afrique du Sud) et qui a remporté de nombreux prix internationaux ».
Le Directeur du CCF a aussi indiqué que l'autre innovation de cette édition sera la prestation d'un Vidéo Jockey (VJ) qui, la nuit du 21 novembre prochain en compagnie d'un Disc Jockey (DJ) classique, « mixera » une sélection d'images du Gabon. Pour sa part, présentant les perspectives du documentaire gabonais en particulier, et du cinéma national en général, le Directeur du CENACI, ra fait état d'un certain nombre de contraintes, tout en faisant d'optimisme. « Il est vrai que nous sommes confrontés à des problèmes de diffusion, au manque de salles et au problème de financement qui peuvent influer sur la production. Mais au-delà de tout cela, le CENACI continuera de produire au rythme de deux (2) documentaires, une série télévisée par an, et un long métrage tous les deux ans. Je pense qu'il ne faut pas envisager le cinéma gabonais en terme de quantité mais de qualité ».
La quatrième édition des Escales Documentaire de Libreville, placé sous le patronage du ministère de la Communication, de la poste et de l'Economie numérique, s'ouvrira le 20 novembre prochain au CCF, avec "Behind the rainbow" de Jihan El Tahi, 2e prix du film documentaire du Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO). C'est après avoir offert 19 projections de documentaristes locaux et internationaux (notamment gabonais autrichien ou marocain) que le festival « baissera » son rideau le 27 du même mois sur une oeuvre du cinéaste français Jean-Luc Magneron, intitulée "Vaudou, entre vivants et morts".
Lancée en 2006 par le CENACI et le CCF, afin de promouvoir « la nouvelle vague de réalisateurs de documentaires d'origine africaine », les « Escales Documentaires de Libreville » se veulent le pendant francophone des festivals de Durban (Afrique du Sud) et d'Accra (Ghana), réservés au public anglophone.
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