Le sommet de la Fao, qui s'est achevé hier mercredi à Rome, a été décevant aussi bien aux yeux du directeur de cette organisation de l'Onu, Jacques Diouf, que pour les Ong qui ont dénoncé l'absence de dirigeants des pays riches et d'engagements contraignants pour lutter contre la faim.
"Naturellement, j'aurais espéré avoir dans un sommet de chefs d'Etat ou de gouvernement tous les pays représentés à ce niveau", a reconnu au cours de la conférence de presse finale le chef de l'organisation de l'Onu pour l'alimentation et l'agriculture (Fao) qui regroupe 192 pays.
"Si nous n'avons pas les dirigeants qui ont autorité sur tous les dossiers, qui peuvent coordonner l'action (...) je pense que nous passons à côté du problème, nous réduisons la question à sa dimension purement technique, alors qu'elle a une dimension économique, sociale, financière, je dirais même culturelle", a assuré M. Diouf. Car, a-t-il dit, "les problèmes de l'agriculture dépassent les ministres de l'Agriculture".
Une soixantaine de chefs d'Etat ou de gouvernement, essentiellement d'Afrique et d'Amérique latine, ont participé à ce sommet boudé par la totalité des dirigeants du G-8, sauf Silvio Berlusconi dont le pays accueillait la réunion et où la Fao a son siège.
Le ministre italien de l'Agriculture, Luca Zaia, a résumé par un euphémisme la réunion de trois jours : "ce sommet n'a pas donné de grands résultats et il y a eu des absences importantes". Les Ong impliquées dans la lutte contre la faim, venues en grand nombre dans la capitale italienne, ont été plus dures à l'égard de l'agence spécialisée de l'Onu.
Aux questions des journalistes relayant le mal-être des Ong, M. Diouf a répondu en essayant de défendre les résultats du sommet. Il a ainsi présenté comme un succès le fait que le document final prévoit "l'éradication totale de la faim" dans le monde, alors que l'objectif jusqu'à présent était de réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre des affamés.Mais aucune date-butoir n'a été fixée pour atteindre cet objectif.

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