Ca y est ! Le président ivoirien Laurent Gbagbo a signé dans la soirée du 16 novembre dernier, le décret portant harmonisation des grades des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) avec ceux de l'armée nationale. Par cet acte, c'est le sort d'environ 400 éléments des FAFN promus, qui au grade de caporal, qui au grade de général au temps fort de la crise socio-politique, qui est ainsi tiré au clair. En d'autres termes, ils intégreront la future armée nationale réunifiée qu'ils avaient désertée pour retourner leurs armes contre elle.
Dans le même temps, c'est la fin de la longue attente dans l'antichambre de la résolution d'une question épineuse dont on a plusieurs fois dit qu'elle pouvait remettre en cause le processus de sortie de crise. Les grades étaient, avec le désarmement des ex-rebelles et des milices, les points sur lesquels venaient buter les négociations pour tirer le pays d'Houphouët Boigny de cette mauvaise passe. Le camp présidentiel et celui des Forces nouvelles ont souvent fait de la résolution de l'une ou l'autre de ces questions un préalable à toute concession. Par exemple, les partisans de Laurent Gbagbo n'hésitaient pas à exiger le désarmement des ex-rebelles avant la tenue de l'élection présidentielle. De leur côté, ceux de Guillaume Soro demandaient la prise en compte des grades des anciens combattants dans la future armée nationale. Aujourd'hui, ils ont obtenu satisfaction avec la signature du décret sur l'harmonisation des grades, à l'issue, il faut le rappeler, d'âpres négociations. On se rappelle que cette question des grades a été au centre, en fin août dernier, d'un séminaire à Yamoussoukro entre les états-majors des deux forces armées.
La situation de jeu de rôle dans laquelle on se trouve, commande aux Forces nouvelles de montrer leur disponibilité à aider ce pays à sortir de la crise. Le chef de l'Etat ayant signé le décret tant attendu sur les grades, il revient maintenant aux Forces nouvelles de déposer, une bonne fois pour toutes, les armes. Cela doit être fait en toute sincérité sans considération politicienne. En effet, certains pourront se demander pourquoi le président en exercice a attendu maintenant, c'est-à-dire à l'approche de l'élection présidentielle dont une nouvelle date n'a pas encore été fixée, pour signer le décret. Ce genre de questionnement pour légitime qu'il puisse être, ne devrait pas occulter les retombées bénéfiques de l'acte posé. Tout compte fait, on peut dire sans exagérer que seul le désarmement des ex-combattants constitue aujourd'hui la grosse arête dans la gorge du processus. Gageons que la résolution du problème des grades, comme un effet domino, fasse tomber cet os ... rebelle. C'est tout le mal que l'on souhaite aux Ivoiriens dont les principaux acteurs politiques et militaires doivent se retrouver dans les tout prochains jours à Ouagadougou autour du facilitateur Blaise Compaoré, à l'occasion des rencontres périodiques du Cadre permanent de concertation (CPC).

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