Des manuels scolaires qui ont été conçus pour appliquer la réforme de l'éducation se retrouvent au marché. Leur origine reste encore floue.
La vente des manuels scolaires sur le marché ou encore dans certains coins de la capitale attire l'attention. Pas plus tard que samedi, deux marchandes à la sauvette tenaient dans leurs bras une gamme de manuels scolaires relatifs à la réforme de l'éducation, mise en place en 2008. Parmi les échantillons se trouvaient des ouvrages de mathématiques, de français ou encore de connaissances usuelles et d'autres.
Les livres à la couverture pelliculée sont proposés à partir de 3 000 ariary l'unité. En marchandant, l'on peut acquérir un livre à 2 000 ariary. « Je me suis procurée un manuel sur les connaissances usuelles. J'ai été attirée par le bon état des articles et par leurs contenus en faisant une lecture diagonale. C'est pourquoi j'en ai acheté un », se réjouit Suzanne Ravelo, une mère de famille qui a croisé les deux vendeuses. Jeannette, une marchande ambulante révèle, l'air furtif, qu'« on s'approvisionne à Ambohijatovo».
Pour l'heure, les raisons de la propagation de ces manuels didactiques restent encore mystérieuses pour le ministère de l'Éducation nationale.
Pas pour être vendus
« C'est très bizarre que les manuels s'échappent ainsi, dans la mesure où la sortie d'un livre à partir d'un établissement est soumise à des procédures strictes. Il en est de même de notre magasin de stockage», fait remarquer Michel Botomazava, secrétaire général (SG) du ministère de l'Éducation nationale.
Quoiqu'il en soit, le ministère compte aller au bout de l'affaire. « Nous comptons ouvrir une enquête à ce sujet car cette situation est anormale. Ces livres ne sont pas destinés à la vente car ils sont la propriété des établissements appliquant la réforme scolaire », poursuit le SG. Mais ce responsable n'écarte pas l'hypothèse d'une fuite depuis le dépôt.
À entendre les explications d'un responsable dans une circonscription scolaire de la zone pédagogique d'Analamanga, la fuite est probable. « Il se pourrait que ces livres se soient échappés du magasin central, ou peut-être constituent-ils le butin d'un braquage d'une école », suppose-t-il.
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