La prise d'otage est une pratique qui remonte loin dans le temps. De nos jours, elle revêt plusieurs formes et implique de nombreux acteurs parmi lesquels des individus, des bandes armées, des groupes terroristes et même des Etats. Nombreuses sont en effet les nationalités qui ont été affectées par les preneurs d'otages. On se souvient de la prise d'otage des Jeux Olympiques de Munich en 1972 ou de celle de Beslan en Russie en 2004. Plus près encore on peut évoquer le kidnapping de l'Israélien Ghilal Sahih par les Palestiniens, les soldats anglais capturés dans les eaux iraniennes ou l'enlèvement de la Franco-colombienne par la guérilla des Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC). Les établissements scolaires et les universités des pays développés sont régulièrement victimes de prise d'otage et de terrorisme.
Même si des ressortissants de divers Etats ont été kidnappés au Niger et au Mali, sur le sol africain, c'est surtout en Somalie que la prise d'otage a la peau dure. Elle a trouvé dans ce pays où règnent l'anarchie, le désordre, la pauvreté et le chaos, un terreau favorable. Les enlèvements, les rapts, les kidnappings sont presque quotidiens sur terre mais aussi et surtout sur mer. Malgré les navires de guerre des Occidentaux qui patrouillent au large des côtes somaliennes pour protéger les flux marchands, ces pirates des temps modernes continuent à sévir dans les eaux somaliennes comme dans les eaux internationales. Ces bateaux militaires ne sont du reste pas à l'abri des attaques des terroristes, comme les Français en ont fait l'expérience. En Somalie, les preneurs d'otages font de bonnes affaires, bien qu'ils subissent parfois des revers cuisants. Aussi cynique que cela puisse paraître, c'est un business lucratif parce que rapportant beaucoup d'argent aux bandits. Les exemples ne sont pas difficiles à trouve. Les 36 otages espagnols relâchés contre le paiement d'une rançon de 4 millions de dollars est le plus récent.
Si certains otages sont libérés ou relâchés après seulement quelques heures ou quelques jours de captivité (les membres de l'équipage du thonier espagnol sont restés un mois et demi entre les mains de leurs ravisseurs), d'autres par contre peuvent rester prisonniers des pirates durant de longues années. La franco-colombienne qui est restée captive dans la forêt colombienne, en est une parfaite illustration.
Toutefois, il faut le rappeler, l'otage est une personne retenue prisonnière dont la vie sauve ou la libération dépend de l'exigence à remplir par une tierce personne, morale ou physique, à qui s'adresse le preneur d'otage. Ce faisant, les prises d'otages ne connaissent pas les mêmes aboutissements, en raison notamment des motivations des ravisseurs, lesquelles peuvent être crapuleuses ou politiques.
Les Occidentaux n'ont pas encore trouvé la bonne formule ou la parade efficace pour venir à bout des preneurs d'otages. Leurs gouvernements sont le plus souvent réticents à satisfaire aux exigences des pirates, notamment à payer des rançons ou à libérer les complices des terroristes en guise de contrepartie. Satisfaire aux exigences des pirates est synonyme, pour eux, de capitulation, une éventualité qu'ils se refusent à admettre. Mais acculés parfois par les familles des prisonniers et surtout par la société civile, ils engagent des tractations ou des discussions souterraines pour sauver la face. Là où les preneurs d'otages crient victoire parce qu'ils ont obtenu gain de cause comme c'est encore le cas avec la libération des otages espagnols, les autorités, elles, se contentent de dire qu'elles ont fait ce qu'elles devaient faire pour obtenir la libération de leurs compatriotes. On pourrait bien se demander ce que valent 4 millions de dollars comparés à la vie de 36 personnes. Malgré tout et d'une certaine façon, payer les rançons, c'est abdiquer face aux ravisseurs, c'est encourager la prise d'otage et alimenter les trésors de guerre des groupes armés. Dans le contexte somalien, c'est loin d'être la meilleure façon de lutter contre cette criminalité organisée. Seule la paix sur le sol ramènera le calme dans les eaux territoriales somaliennes. Cela passe nécessairement par la lutte contre le trafic des armes, le terrorisme, la pauvreté, le désoeuvrement et la corruption. Un appui devrait être apporté aux forces armées régulières somaliennes et à la restauration de l'Etat. Autrement, les preneurs d'otages pourront surgir n'importe quand et de nulle part et mettront toujours les gouvernants dans des situations embarrassantes à cause notamment du chantage qu'ils exerceront sur eux.
Parfois, les forces de sécurité prennent le risque de libérer les otages manu militari. Des opérations militaires de libération ont souvent été l'ultime recours pour mettre fin à des prises d'otages. On se rappelle le raid sur l'aéroport d'Entebbe par les Israéliens ou la libération d'Ingrid Bétancourt au cours desquels les prisonniers ont été libérés de manière spectaculaire et sans graves conséquences. Mais les libérations d'otages n'ont pas toujours été heureuses. La tragédie de la délivrance des otages de Beslan qui avait fait des centaines d'enfants tués vient rappeler que la prise d'otage doit être gérée avec toutes les précautions qui s'imposent. Il y va de la vie des hommes, des femmes, des enfants, des militaires, des personnalités politiques ou économiques qui sont les proies favorites de pirates qui prennent au piège et à la gorge des Nations entières. En Somalie, on ne perçoit pas encore comment mettre fin à ce business florissant. La prise d'otage, dans ce pays abandonné par tous, a de beaux jours devant elle.

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