Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Quatre hommes poursuivis pour tentative d'insurrection - Affaire Me Firmin Yangambi : avis partagés sur le vocable autodéfense

Kinshasa — Le mercredi 18 novembre 2009, dans le procès qui oppose le ministère public à Eric Kikunda, Me Firmin Yangambi, Ben Olangi et le colonel Elia Lokundo devant la Cour militaire de Kinshasa/Gombe pour détention illégale d'armes et tentative de participation à un mouvement insurrectionnel, les violons ne s'accordent pas entre l'accusation et la défense sur l'interprétation du terme autodéfense avancé par le prévenu Yangambi Libote.

Me Peter Ngomo a fait voir à la Cour militaire de Kinshasa/Gombe que lorsqu'il y a vol dans nos différents quartiers, tout le monde se lève et il y a des sifflets pour l'autodéfense. Il ne faut pas avoir nécessairement des armes pour se protéger. Revenu sur les propos de Me Firmin Yangambi, ce conseil a dit que même pour les Maï-Maï, c'était l'autodéfense. Et pourtant, il n'y avait pas d'armes au départ. Et c'est dans ce contexte-là que Me Firmin avait fait un projet pour la protection de sa ville.

Un autre avocat a abondé dans le même sens pour expliquer que ce système n'a rien à voir avec les armes. Et Me Willy Mukangala a déclaré que Me Firmin a dit cela en réponse au magistrat qui lui avait posé la question sur le mouvement insurrectionnel qu'il serait en train d'organiser à Kisangani.

Mais en guise de riposte, le général Munkutu, ministère public, a déclaré avoir lu les procès-verbaux. Et selon lui, ce fait revient avec force capitale. L'organe de la loi a ajouté que c'est de manière directe que le prévenu le dit. Il ne s'insurge pas contre les procès-verbaux de l'officier de police judiciaire, et c'est de la manière tout à fait indirecte que Me Firmin essaie de rencontrer ces procès-verbaux. Et selon l'accusateur, le prévenu se connaissait avec un certain colonel du nom de David

Ayant obtenu la parole, Me Firmin - c'est-à-dire l'accusé - ainsi rétorqué : « Ce que l'organe de la loi dit n'est pas vrai ». Il a affirmé que c'est le pasteur Alain qui lui avait annoncé qu'il a un frère à Kitona qui s'appelle David, et qui pourrait lui donner les éléments qu'il cherchait pour son enquête.

Toujours au cours de cette audience, les prévenus Eric Kikunda, Banjamin Olangi et le colonel Elia Lokundo sont passés à la barre pour éclairer la Cour sur les procès-verbaux dressés par les Opj de la commission mixte et sécuritaire installée dans les locaux des services spéciaux de Kin-Mazière. Tous ont fustigé la régularité de ces documents, à cause de leurs aveux arrachés sous l'effet de la torture.

Mais le ministère public a soutenu qu'il n'y avait de la part des prévenus que des affabulations. Ceci, du fait qu'auditionnés dans son office, ils avaient tous confirmé les procès-verbaux qu'ils contestent aujourd'hui.


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