Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Dr Kokolo - «Il faut faire la différence entre l'hygiène et l'environnement»

Kinshasa — Lors d'une interview qu'il a accordée au reporter du journal Le Potentiel, Dr Kokolo, ministre provincial en charge de la santé et des affaires sociales, a confirmé l'existence du service d'hygiène dans la capitale.

Selon le ministre Kokolo, il faut faire la différence entre l'hygiène et l'environnement. Il a confirmé que le gouvernement provincial de Kinshasa est préoccupé par la question de la propreté de cette ville, et que bientôt les travaux d'installation des latrines publiques devront reprendre, les équipements appropriés étant déjà sur place.

Le ministre Kokolo a saisi cette occasion pour révéler qu'il ne laisse jamais passer une semaine sans se rendre dans une formation hospitalière ou médicale de la place pour se rendre personnellement compte de la façon dont les règles d'hygiène sont respectées et appliquées. Car, selon lui, il ne faudra pas qu'un malade sorte d'un hôpital avec une autre maladie due au non respect de l'hygiène.

CI-DESSOUS LES REPONSES DU MINISTRE

«Là où vivent les gens comment voulez-vous que le service d'hygiène soit inexistant. L'homme sain dans un corps sain, dit-on. Tout l'environnement de l'homme, partout où il doit se trouver, on fait tout pour qu'il ne puisse pas contracter des maladies. Retenez qu'il y a l'environnement ainsi que la salubrité qui sont des services spécialisés du ministère de l'Environnement. Ce ministère s'en occupe, aussi bien dans la ville qu'à travers les quartiers. Donc, il y a tout un ministère qui se charge de l'assainissement et de la salubrité dans la ville-province de Kinshasa. Il existe bel et bien et il s'occupe aussi de l'hygiène environnementale. Nous, en tant que ministère de la Santé publique, nous nous occupons notamment de l'hygiène hospitalière, scolaire, corporelle, etc. Je crois que chaque homme doit être propre, il doit se laver chaque jour autant de fois qu'il le faut, ses habits aussi doivent être propres, de même que son environnement immédiat.

Lorsque vous entrez dans un hôpital, l'hygiène qui y existe nous concerne, mais non à à l'extérieur, compétence dévolue au ministère de l'Environnement et ses différents services. Il y aussi à l'intérieur d'une maison l'hygiène du milieu, comme je viens de vous l'expliquer.

L'HYGIENE ALIMENTAIRE

Il existe aussi l'hygiène alimentaire dont les responsabilités sont partagées entre le ministère de la Santé publique et celui de l'Agriculture. Quand le « pondu » (feuilles de manioc : NDLR) est cueilli et préparé pour manger, c'est le problème du ministère de la Santé publique et l'hygiène de cet aliment. Par ailleurs, dans nos écoles il y a tout un cours d'hygiène, il y a un cours d'observation aussi. On contrôle les enfants comment ils s'habillent, on leur apprend combien de fois il faut se laver, comment et pourquoi couper les ongles, comment éviter les boues, les chiques, etc.

A notre époque, on contrôlait tout cela et ceux qui étaient malades étaient envoyés dans les formations hospitalières pour être soignés. En même temps, il y avait aussi un cours théorique d'hygiène dans chaque école et également en famille. Savez-vous qu'il y a les mêmes informations qui se donnent à la radio et à la télévision ? Mais, les gens ne suivent pas. Après cela il y a des spots qui passent et des affichages où on dit aux gens « ne faites pas ceci, ne faites pas cela ». Mais les habitants de Kinshasa ne s'y conforment pas. On leur dit par exemple « il ne faut pas se soulager ici ou là-bas », ils s'entêtent et ne respectent rien en matière d'hygiène. Les Kinois préfèrent la musique, le sport et autres histoires au détriment de l'hygiène même pour leur propre corps.

L'HYGIENE, UNE PRIORITE COLONIALE

A l'époque coloniale, l'hygiène était une priorité des priorités. Il existait de petits avions rien que pour la désinfestation, pour la fumigation pour tuer tout ce qui peut causer la maladie aux gens. C'était tout un programme du gouvernement. Aujourd'hui, avec les moyens qu'il y a, le gouvernement a mis sur pied le Programme d'assainissement pour Kinshasa, exécuté à travers quelques communes de la capitale en partenariat avec l'Union européenne (UE). Progressivement, ce programme va s'étendre à d'autres communes de Kinshasa. Il existe un problème, qui concerne la manière dont sont construites les maisons dans la capitale. Cela ne facilite la gestion des déchets. En Europe, vous pouvez, à partir de votre cuisine, jeter les déchets et ils tomberont dans un grand bac de manière que les services appropriés viennent les évacuer et les acheminer à un endroit approprié. Pour nous ici, je peux dire qu'il n' y a pas d'endroit déterminé pour jeter les immondices. Prenez par exemple le cas de Matonge, un des quartiers de la commune de Kalamu, où les gens prennent les déchets et les jettent dans les caniveaux. Lesquels sont remplis et empêchent les eaux de pluie de passer. C'est cela qui provoque des inondations, notamment. Nous avons donc beaucoup de problèmes de structures. Le gouvernement provincial de Kinshasa est en train de fournir un grand effort en créant toutes ces structures qui s'occupent de l'environnement. Vous remarquez quand même que dans les communes pilotes la situation s'améliore progressivement. Nous espérons qu'il en sera autant dans toutes les communes.

LE GOUVERNEMENT PROVINCIAL FAIT TOUT

Vous ne voyez que l'Union européenne et oubliez qu'elle travaille en partenariat avec le gouvernent provincial de Kinshasa. L'opération coûte cher, mais le gouvernement provincial de Kinshasa met tout en oeuvre pour que la ville redevienne belle et propre. Mais cela ne peut pas se faire dans une année. Nous avons vingt-quatre communes et dans certaines les infrastructures sont complètement détruites. Pour qu'on parvienne à respecter l'hygiène environnementale et corporelle, les structures existent. Le service d'hygiène est la base du ministère de la Santé publique. Les cellules de l'hygiène existent aussi. On doit apprendre aux gens à se laver les mains après avoir été aux toilettes, avant et après les repas, à se laver le corps pour être propre pour éviter d'être malade. L'hygiène est la priorité du gouvernement provincial de Kinshasa, à travers le ministère que je dirige. Il n'y a pas d'empiétement entre mon ministère et celui de l'Environnement parce que c'est le même gouvernement et nous poursuivons le même but. Je vous signale aussi que depuis que nous sommes au gouvernement nous avons lancé, dans le cadre de l'hygiène, l'opération « hôpital propre». Chaque samedi, nous visitons un hôpital ou deux pour voir l'hygiène à l'intérieur. Nous avons presque fait le tour de Kinshasa. Première chose quand j'arrive, je visite les toilettes. Car, si vous voulez connaître quelqu'un s'il est propre, allez d'abord aux toilettes. C'est ce que nous faisons. Le gouvernement provincial de Kinshasa s'est engagé pour une ville propre et pour un hôpital propre.

POUR LA RECONSTRUCTION DES INFRASTRUCTURES DETRUITES

Nous allons reconstruire les infrastructures détruites et tout cela dans le cadre des « cinq chantiers de la République ». Je sais qu'il y a eu un laisser-aller concernant l'hygiène corporelle, hospitalière, scolaire et environnementale. Mais nous sommes en train de sensibiliser les gens pour que chacun sache être propre sans attendre que le gouverneur de la ville vienne le laver.

Concernant les latrines publiques, elles vont bientôt être re-installées mais les Congolais, je ne comprends pas, ils détruisent tout ce qu'on fait pour leur bien. Les latrines sont déjà arrivées et elles seront installées dans toutes les communes. Vous les verrez.


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