Kinshasa — Deux responsables des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), Ignace Murwanashyaka - appréhendé puis relâché en 2006 pour « insuffisance de preuves » - et son adjoint Straton Musoni, ont été arrêtés mardi 12 novembre 2009 à Berlin à la suite de la requête d'un procureur fédéral.
Suspectés d'avoir « influencé militairement » et « commandité » les miliciens hutu ayant commis des « crimes humanitaires contre des civils en RDC », ils devront se présenter devant les juges.
Leurs hommes exploitent illégalement des ressources naturelles, violent filles et femmes sans distinction d'âge, tuent et rackettent les populations civiles dans les provinces du Kivu.
« Il ne faut pas croire que leur arrestation va amener directement à la dissolution des FDLR », craignent des analystes des questions sécuritaires.
Or, les Congolais associent à leur arrestation un démantèlement possible du vaste réseau qui finance et approvisionne en armement les FDLR opérant depuis une dizaine d'années au Nord et au Sud-Kivu.
D'autant plus qu'un rapport d'experts onusiens, publié en mai 2009, atteste « l'implication directe » d'Ignace Murwanashyaka - inscrit sur une « liste noire » de personnalités frappées par le Conseil de sécurité de gel de leurs avoirs à l'étranger et d'interdiction de voyage - dans la coordination des opérations des FDLR.
Des ONGDH, dont Human Rights, ont même précisé que des miliciens hutu rwandais ont commis leurs crimes humanitaires en RDC entre janvier 2008 et juillet 2009.
Quel impact pourrait alors avoir la détention du leader symbolique des FDLR et de son adjoint sur la suite des opérations militaires en cours au Nord et au Sud-Kivu ?
La question doit avoir été analysée par les chefs des renseignements militaires de la Communauté de développement des Etats d'Afrique australe réunis à Kinshasa (16-18 novembre 2009) dans le cadre du 21ème sommet du Comité permanent de renseignements militaires de la SADC (DISC).
« Chaque jour qui passe, notre sous-région, à l'instar d'autres régions de la planète, se trouve en face de nouvelles menaces multiformes et très complexes comme cybercriminalité, les crimes transfrontaliers, le trafic d'armes, le trafic des drogues, les épidémies redoutables, le terrorisme international. (Elles) exigent non seulement des actions concertées, mais surtout de nouvelles capacités de la part des acteurs de renseignement (...) pour mieux les cerner et les éradiquer », a déclaré le chef d'Etat-major général des FARDC, le lieutenant-général Didier Etumba.
Si sa mise en place et son opérationnalité - avérée à travers l'exercice Golfhino organisé en Afrique du Sud - sont un motif de satisfaction, la « Brigade en attente » doit être associée à l'éradication du phénomène « FDLR » au Kivu.
La neutralisation du leader symbolique des FDLR devrait aussi avoir, comme impact visible, la fragilisation de ses troupes sur le champ de bataille.

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