«Toute personne atteinte d'une maladie chronique doit consulter son médecin pour savoir si elle doit se faire vacciner ou pas» Depuis la découverte, le 14 juin dernier, du premier cas tunisien de grippe A (H1N1), le nombre de personnes contaminées par le virus a depuis augmenté, pour atteindre, jusqu'à la veille 338 cas au total.
Deux personnes, considérées comme des personnes à risque car elles souffraient de maladies chroniques, viennent de décéder, alors que moins d'une vingtaine ont nécessité une hospitalisation, ont souligné les docteurs Mohamend Ben Al Aïba, Mongi Hamrouni et Noureddine Achour, respectivement directeur général de la santé, directeur des soins de santé de base et directeur général de l'Observatoire national des maladies émergentes et réémergentes, lors d'une conférence de presse tenue, hier, au ministère de la Santé. La majorité des autres cas se sont révélés sans gravité et ont juste nécessité un traitement symptomatique et une mise au repos obligatoire d'une semaine.
Le district de Tunis compte le plus grand nombre de cas
Avec 215 cas, c'est le district de Tunis qui compte le nombre le plus élevé de personnes atteintes de la grippe A, suivi de 38 cas déclarés à Nabeul, 28 cas à Sfax et 14 cas à Bizerte. C'est en milieu scolaire que le nombre de cas s'est avéré être le plus élevé (environ 200 cas), représentant 60% du nombre total des personnes atteintes la grippe A (H1N1). Des cas se sont déclarés dans les établissements de la mission française Gustave-Flaubert, Pierre Mendès-France et Paul- Verlaine et ont été rapidement isolés et pris en charge.
Cela a conduit à la fermeture de classes dans deux de ces établissements, à savoir Paul-Verlaine et Gustave- Flaubert, tandis que l'établissement Pierre Mendès-France a procédé à un suivi de la situation. Au cours de la semaine écoulée, d'autres cas se sont déclarés au lycée sportif d'El Menzah, dans un collège de Nabeul et deux écoles primaires dans la capitale. Conformément au protocole établi, la situation est suivie de près dans ces établissements, afin de vérifier si les personnes qui ont été au contact des cas déclarés n'ont pas été contaminées par le virus.
"La propagation du virus s'est accélérée à la fin du mois d'octobre. La seconde phase de transmission a coïncidé avec la rentrée scolaire. On sait, à titre d'exemple, que des étudiants originaires de Sfax et chez qui le virus s'est déclaré ont effectué des visites d'études en Espagne. On est, en fait, entré dans la phase de transmission communautaire. Nous allons renforcer le suivi en milieu scolaire. Nous effectuerons des analyses et si des cas sont diagnostiqués, nous prescrirons un traitement qui permettra de diminuer de la gravité du virus", a relevé le Dr Noureddine Achour, directeur général de l'Observatoire national des maladies émergentes et réémergentes.
100.000 doses de vaccin sont déjà disponibles
Sur les 700.000 doses de vaccin contre la grippe A (H1N1) prévus, 100.000 doses sont disponibles depuis la semaine dernière et ont été programmées en priorité pour le personnel paramédical et médical des établissements hospitaliers ainsi que pour les personnes travaillant dans la douane, l'armée, la police ainsi que les personnes à risque et les femmes enceintes. Cette campagne de vaccination se poursuivra avec l'arrivée dans une dizaine de jours de 100.000 autres doses. Enfin, les 500.000 doses restantes arriveront à la fin du mois de décembre et seront mises à la disposition des centres de vaccination où elles serviront à la vaccination des personnes à risque et des femmes enceintes (deuxième et troisième trimestres).
Dès l'apparition du virus A (H1N1) au Mexique et sa propagation un peu partout dans le monde, les autorités sanitaires en Tunisie n'ont cessé de suivre de très près l'évolution de la situation.
Une stratégie nationale de prévention et de lutte contre la grippe A (H1N1) a été immédiatement mise en place et un comité de veille sanitaire a été activé afin de maîtriser la situation épidémiologique et contrôler la propagation du virus. Dans une première étape, dès la déclaration du premier cas atteint par le virus, toutes les dispositions ont été prises pour éviter que le virus ne se diffuse rapidement. Des caméras thermiques ont été installées au niveau de tous les points (aéroport, gare portuaire...) par où transitent les voyageurs et les touristes ainsi que les personnes qui ont séjourné à l'étranger.
Des équipes sanitaires ont été constituées pour assurer le contrôle au niveau de ces points en orientant directement les personnes suspectées d'être atteintes par le virus vers les établissements et les centres habilités pour effectuer des analyses. Par ailleurs, des stocks importants de masques et d'antiviraux ont été constitués pour faire face à une éventuelle épidémie qui se déclarerait à large échelle.
Renforcement des normes d'hygiène
Outre les laboratoires de référence de l'Institut Pasteur et de l'hôpital Charles Nicolles où les analyses de prélèvement sur des cas suspects sont effectués, des prélèvements et des tests rapides sont également réalisés dans les hôpitaux régionaux et en cas de résultat positif, envoyés aux laboratoires de référence. "Nous avons renforcé les stocks d'antiviraux, a observé le Dr Mohamed Ben El Aïba, directeur général de la santé. A la fin de la seconde étape, nous avons eu peur de la saison estivale et de la coïncidence de la propagation du virus avec la haute saison touristique. Mais tout s'est bien passé. Nous avons enregistré un nombre peu élevé de cas. Nous nous sommes, ensuite, intéressés à la période de la rentrée scolaire, en axant sur le renforcement des normes d'hygiène dans les établissements hospitaliers, les établissements scolaires...et en lançant une campagne de vaccination pour les catégories prioritaires".
Une campagne d'information et de sensibilisation a été lancée et se poursuit avec l'affichage dans tous les établissements scolaires, les établissements hospitaliers, les lieux de travail et les espaces publics, des règles à suivre pour éviter d'être contaminé par le virus de la grippe et la diffusion de spots de sensibilisation dans les médias. "Nous avons un message important à transmettre. Toute personne atteinte d' une maladie chronique doit consulter son médecin pour savoir si elle doit se faire vacciner ou pas", conclut Dr Achour.

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