L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Burkina Faso: Mohammed P. Sogli de la SOPAM - « Les gens racontent du n'importe quoi ! »

interview

La SOPAM de Mohammed Sogli est l'adjudicataire du marché de la fourniture de la centrale thermique G1 de Komsilga. Sogli qui a fait le déplacement de la France, s'est dit heureux de montrer à ses partenaires burkinabè que le groupe qu'il va livrer à la SONABEL est tout neuf et non d'occasion comme le raconte les mauvaises langues.

Vous êtes le premier responsable de SOPAM S.A, la société adjudicataire du marché d'installation de la centrale de Komsilga. Quelles sont vos impressions après le séjour à Saint-Nazaire ?

C'est un grand soulagement pour moi dans la mesure où mon client, la SONABEL, et la banque (BIB) qui a accepté m'accompagner dans ce projet, ont constaté que le montage de la machine commandée se poursuit normalement.

SOPAM S.A a-t-il réellement une certaine expertise dans l'installation de centrales électriques ?

Votre question est pertinente parce que beaucoup ignorent que je suis dans ce secteur depuis 1996. Je suis l'un des rares Africains dans ce domaine en concurrence avec les Européens. Nous nous sommes retrouvés plusieurs fois sur le marché de la compétition. J'ai fourni plusieurs centrales à la SONABEL.

Auparavant, pour un sommet de l'OUA qui s'est tenu à Ouagadougou, j'ai fait déplacer par avion spécial des groupes électrogènes pour alimenter les différents sites d'accueil. Nous sommes également connus dans la sous-région, notamment au Bénin, en Mauritanie, au Sénégal ou au Mali. Dans le dernier pays cité, j'y ai installé une centrale électrique, personnelle je tiens à le préciser, de 60 Mégawatts que je mettrai bientôt en fonction.

Et pourtant vous ne semblez pas manquer de de détracteurs ...

Eh oui ! C'est le Burkina. Tous les groupes que j'ai vendus au Burkina ont toujours été neufs et fabriqués dans des maisons très respectables. Mais nous entendons du tout. Je trouve dommage d'entendre, par exemple, que la SOPAM aurait vendu des groupes électrogènes de bateau qu'il faut arroser avec de grands seaux d'eau lorsqu' ils s'échauffent. Je pense qu'il faut aller vers les sociétés concernées avant de livrer une information.

Dans notre secteur d'activités, vous avez les compétences ou vous ne les avez pas. Il n'y a pas d'accointances. Soit tu es qualifié ou tu ne l'es pas. Et si les structures continuent de commander chez moi, c'est qu'elles trouvent satisfaction. Sinon je ne serais pas dans ce secteur d'activités pendant une vingtaine d'années. Les détracteurs ont donc intérêt à mieux s'informer avant de parler.

Pour ce qui concerne Komsilga, pourrez-vous respecter l'échéance de mars 2010 ?

Nous allons jouer notre partition pour que ce soit le cas. Mais les gens oublient souvent que c'est un travail très complexe à plusieurs chaînes. Du côté de la France, il y a la construction de la machine et son transport par bateau jusqu'en Côte d'Ivoire, avant qu'un véhicule, hors-gabarit fabriqué pour l'occasion, ne l'amène à Komsilga à petite vitesse.

Au Burkina, il y a le génie civil, la construction de cuves, le montage, les essais, etc. C'est donc un travail d'assemblage où il y a beaucoup de sous-traitants. C'est si complexe qu'il n'y a pas beaucoup qui s'investissent dans ce domaine en Afrique. C'est un travail hautement qualifié et hautement professionnel. Mais nous en avons l'habitude. C'est devenu une affaire nationale, et nous ferons tout pour que la centrale soit fonctionnelle en mars 2010.


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