Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Cyclisme-Ouest - Le président régional déchu ne baisse pas les bras

Jean Claude Sikati a saisi le Minsep pour dénoncer sa destitution.

Le silence est enfin rompu autour du cyclisme qui fait problème à l'Ouest. Après le limogeage de Jean Claude Sikati, alors président de la ligue régionale de ladite discipline, son premier vice président avait été élu à son poste. Indigné, l'ex président a écrit au ministre de tutelle pour lui faire état de la situation qui s'est produite le 19 octobre 2009 à Bafoussam. C'est l'information qui ressort d'un point de presse qu'il a donné hier, 18 novembre 2009 à Bafoussam.

Une rencontre qui était attendue, compte tenu des conditions d'éviction de celui qui était encore jusque-là président de la ligue régionale de cyclisme à l'Ouest. «Cette destitution n'est qu'une mascarade destinée à faire du cyclisme à l'Ouest une affaire familiale», écrit Jean Claude Sikati au ministre des Sport et de l'Education physique (Minsep). Avant d'ajouter : «Je vous prie d'intervenir pour que l'ordre démocratique et la justice soient rétablis au sein de la ligue régionale de cyclisme de l'Ouest».

On se souvient qu'au cours d'une réunion convoquée au siège de la délégation régionale des Sports et de l'Education physique de l'Ouest, le 19 octobre 2009, Jean Claude Sikati avait été éjecté de son poste de président régional de cette ligue. Il n'avait même pas été convié à cette rencontre qui a vu l'élection de son premier vice-président en ses lieux et place. Il n'avait été informé que par voie de téléphone arabe. Reste que, arrivé sur les lieux, Jean Claude Sikati avait été expulsé de la salle par Emmanuel Bipona, délégué régional du Minsep à l'Ouest. Sans façon.

Zones d'ombre

Prenait part à ladite réunion, Bruno Eloumou, secrétaire général adjoint à la Fédération camerounaise de cyclisme (Fécacyclisme). Il était un émissaire déployé sur le terrain depuis Yaoundé pour la cause. Séance tenante, les initiateurs de cette séance ont estimé que M. Sikati n'était pas attendu, ni invité à cette "nocturne" tenue autour de 20 heures ce jour là. Il y avait aussi quelques adeptes de cette discipline sportive. La décision de le démettre venait de la fédération-mère, a-t-on cru entendre.

Mais l'incriminé reconnaît n'avoir reçu aucune notification venant de sa haute hiérarchie. «Le président de la Fécacyclisme vous accuse d'inertie et manquement dans vos obligations à la tête de la Ligue régionale de l'Ouest», avait alors martelé M. Bipona.

Au cours du point de presse d'hier, organisé dans les locaux des services privés de l'ex-président, situés au lieu dit "Carrefour le Maire" à Bafoussam, l'objectif était de justifier et éclairer l'opinion sur cet état de chose.

C'est ainsi que le principal orateur du jour a déniché des zones d'ombre qui planent sur la fédération. Ils se résument en calomnie, tribalisme, médisance, isolement, marginalisation, etc. Surtout que son remplaçant, Etienne Ngangoum, a des liens familiaux avec le président national de la Fécacyclisme. Le président déchu, quant à lui, contient la rage de la contestation qui s'abat sur lui : «Il n'y a rien à dire, car c'est une mascarade. J'ai été évincé parce que je revendique le droit des cyclistes, et le moment est arrivé où cela doit finir», réagit Jean Claude Sikati. Par ailleurs, il estime avoir trop souffert pour installer la discipline en question dans la région qui lui avait été confiée.

Une panoplie de dispositions sont prises : «Je fais des démarches auprès des instances supérieures. Le Minsep a reçu ma note, et il doit réagir pour que les choses reviennent dans l'ordre pour la bonne marche du cyclisme», projette M. Sikati.


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