Nug Bissohong a échangé hier avec les journalistes sur cette problématique qui constitue la trame de son ouvrage.
Les éditions Clé nous avait habitués rarement par le passé à une cérémonie de présentation des ouvrages de sa maison avant sa mise sur le marché. C'est donc pour «marquer d'un sceau particulier le lancement de l'ouvrage de Thomas Théophile Nug Bissohong» qu'il a rassemblé les journalistes. Un ouvrage qui butine l'une des problématiques de l'hymne camerounais comme l'indique son titre «L'hymne national du Cameroun, un poème-chant à décolonaliser et à réécrire. Lectures critiques et perspectives». Vaste programme pour un auteur qui s'est longuement ouvert à la presse dans les locaux de son éditeur hier à Yaoundé.
A l'écouter, «il y a bien deux hymnes utilisés au Cameroun. La réunification a fait disparaître une des deux étoiles du drapeau national mais l'hymne d'abord écrit en français n'a pas été traduit en anglais. C'est un autre hymne, complètement différent du premier qui existe depuis». Une situation malheureuse qui de son point de vue est due à ce que «les politiques et l'administration se sont accaparés l'hymne». L'enseignant et chercheur en service à l'université de Douala a donc commis cet opuscule de 98 pages pour «exprimer une conviction intellectuelle qui s'est construite de manière progressive» au cours de ses travaux avec ses étudiants.
Dans sa recherche, M. Nug Bissohong a découvert que la structure du texte n'exprime pas l'âme des Camerounais sur le plan esthétique, mais l'âme francophile. Ce qui de son point de vue est impardonnable. C'est pourquoi il n'a pas manqué au cours des échanges avec les journalistes de se demander «quelles étaient les véritables intentions des co-auteurs de cet hymne ? Pourquoi le traducteur a-t-il écrit un autre hymne au lieu de traduire celui qui existait déjà ? Pourquoi l'hymne qui a été adopté avant l'indépendance, c'est-à-dire en 1957, a-t-il continué à être exécuté?»
Invariants
Un faisceau de questionnements donc que le livre se présente comme étant l'un des relais. Ce d'autant plus que l'auteur affirme que c'est pour y réfléchir qu'il a commis cet ouvrage; tant le chercheur qu'il est a pour travail de «réfléchir à la grammaire du texte». Réflexions qui lui ont permis de se rendre compte de ce que les hymnes actuellement chantés au Camerounais souffraient des éléments historiques, les valeurs culturelles, la sagesse du milieu. Autant d'invariants qui auraient permis d'écrire un texte de consensus où beaucoup de compatriotes se seraient reconnus.
C'est donc à une réflexion qu'il convie le lecteur. Un livre qui selon son éditeur Marcelin Vounda Etoa «revient sur une affaire non soldée, une impasse sur une question fondamentale de la nation camerounaise» et qui aurait sa part de d'incidence dans la perte des valeurs que connaît le Cameroun aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, on reparlera de ce livre qui est désormais disponibles dans toutes les bonnes librairies.

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