Venus de plusieurs pays, ils échangent depuis mardi sur la question de l'instabilité dans la sous-région.
C'est par une discussion que s'est achevée hier la deuxième journée du colloque organisé à Yaoundé par la Fondation Paul Ango Ela à l'occasion de son dixième anniversaire. Un colloque qui a pour thématique générale «Stabilités et instabilités en Afrique centrale : logiques et dynamiques d'une configuration régionale complexe». Une rencontre qui a attiré dans la capitale politique camerounaise des chercheurs d'horizons scientifiques et géographiques divers.
Pour la journée d'hier, les communications et les échanges ont porté sur «Formations et transformations de l'instabilité en Afrique centrale : moments et mouvements». Un thème qui a vu défiler à la tribune des experts comme André Yinda, Eustache Akono Atangana, Maud Masseur ou encore Célestin Musao Kalombo Mbuyu. Sur la question de l'instabilité, André Yinda y a par exemple trouvé quelques «vertus» et ce même si des Etats comme le Cameroun constituent des «verrous de la stabilité sous-régionale». Pour lui, l'instabilité met en jeu des acteurs qui s'expriment dans un désordre pouvant créer des germes d'un certain équilibre par une reconnaissance mutuelle des forces par les protagonistes du conflit. Aussi, les forces en présence peuvent pousser la communauté internationale à ne plus recourir à l'arrogance, mais au respect et à la considération dans ses relations avec les Etats de la sous-région.
Idées
Une sous-région en proie à de nombreux conflits dont les causes sont autant internes qu'externes, et qui concourent à «un processus de désintégration des Etats de l'Afrique centrale» selon Eustache Akono Atangané. Car à côté des dynamiques territoriales des Etats, il y a que «la politique résiste mal au choc démocratique» avec pour conséquence l'absence d'alternance. Bertrand Amougou a pour sa part insisté au cours de sa communication sur «l'enjeu de l'éducation morale et politique (car) nous sommes actuellement mé-scolarisés. Si l'Afrique veut se repositionner sur l'échiquier international, il lui faut repenser son système éducatif». Sans oublier aussi «l'impératif de la beauté» qui doit être désormais l'apanage des hommes politiques qui construisent chaque jour ce que le chercheur appelle «la zoopolitique» et qui a éclipsé l'esthétique de la politique.
Autant d'idées qui ont ravi les étudiants qui avaient fait le déplacement et qui seront sans doute encore plus nombreux ce matin à l'hôtel Franco qui abrite les travaux. Un colloque qui n'est pas sans rappeler un autre organisé en 2005 par la Fondation Paul Ango Ela. On y avait alors parlé pendant trois jours de l'anthropologie du développement en quête de normes.

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