Dakar — Un responsable du Fonds monétaire international (FMI) relève une mise en oeuvre "globalement satisfaisante" du Programme économique et financier du gouvernement sénégalais en dépit de la conjoncture internationale, rapporte un communiqué reçu jeudi à l'APS.
"Malgré un environnement économique difficile, la mise en oeuvre du programme économique et financier du gouvernement a été globalement satisfaisante", selon Norbert Funke, chef de la mission du FMI qui a séjourné du 4 au 18 novembre au Sénégal.
Cette mission a mené des discussions au titre de la 4-ème revue du programme au titre de l'Instrument de soutien à la politique économique (ISPE) et de la 2-ème revue de l'accord au titre de la Facilité de protection contre les chocs exogènes (FCE).
"Tous les critères d'évaluation quantitatifs ont été respectés et les principaux repères structurels ont été observés. Le stock des factures impayées du gouvernement au sein de la chaîne normale de la dépense a été régularisé", a indiqué M. Funke.
Selon le communiqué, la mission du FMI a salué "les progrès réalisés" dans les réformes visant à améliorer la gestion des finances publiques. "Le budget 2010 vise à trouver un équilibre entre les contraintes de financement d'une part et la promotion de l'investissement et la protection des dépenses prioritaires d'autre part", a-t-il ajouté.
Norbert Funke a signalé que le déficit budgétaire pourrait augmenter et atteindre environ 5% du PIB en 2010. "Une telle expansion budgétaire modérée permettrait de soutenir la demande et ne mettrait pas en péril la viabilité de la dette à moyen terme du Sénégal", a-t-il commenté.
"Le gouvernement a confirmé son intention de comptabiliser tous les engagements extrabudgétaires passés et de régler la dette des organismes publics le plus tôt possible.
Pour sa part, le ministre sénégalais de l'Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, a signalé mercredi des montants de paiement de l'ordre de 67 milliards pour les organismes publics et de 31,5 milliards pour les dépenses hors budget. Il attend une autorisation du Parlement, vers avril ou mai prochain, pour régler ces factures.
"Le président de la République a donné des instructions fermes pour que lors d'une prochaine loi de finances rectificative dans le premier semestre de 2010, nous puissions prendre en compte l'ensemble des dépenses extrabudgétaires et des arriérés des agences", a-t-il déclaré devant les députés de l'Assemblée nationale.
De son côté, le chef de mission du FMI a estimé que "le règlement rapide de ces impayés, selon une procédure transparente qui fera l'objet d'une communication publique, est indispensable à la pleine normalisation des relations financières entre l'État et le secteur privé".
"La mission continuera à travailler en étroite collaboration avec les autorités pour atteindre cet objectif. Afin d'accroître la marge de manÅ"uvre budgétaire, des efforts supplémentaires seront nécessaires pour mobiliser en temps utile un volume suffisant de financement", a poursuivi M. Funke.
La mission qu'il a conduite a rencontré au cours de son séjour le ministre d'État Abdoulaye Diop, ses collègues chargés du Budget (Abdoulaye Diop), de la Coopération internationale et des Infrastructures (Karim Wade), de l'énergie (Samuel Sarr), de l'Agriculture (Fatou Gaye Sarr).
La délégation s'est entretenue avec le directeur national de la BCEAO, Fatimatou Zahra Diop, ainsi que d'autres hauts fonctionnaires. Elle a également rencontré des représentants du secteur privé, des syndicats, de la société civile et des partenaires au développement.
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