Sénégal: Les commerçants apprécient diversement les conditions mises en place dans les points de vente

Dakar — Si certains vendeurs s'accordent sur le fait qu'il n'y a rien à redire sur les commodités promises par le gouvernement dans le cadre de la mise en place de conditions adéquates dans les points de vente des moutons, d'autres dénoncent des manquements et réclament des autorités, un peu plus d'égard et la tenue des promesses.

"On a pas d'électricité et il n'y a pas d'agents de sécurité pour veiller sur nous et nos biens. C'est juste une partie du foirail qui est allumée et, la pénombre aidant, les voleurs en profitent pour, une fois la nuit tombée, venir nous voler nos moutons", s'est ainsi indigné Arona Oumar Ba, un éleveur établi au foirail de Rufisque.

Rappelant que ce sont plus de 5 millions de francs CFA qui ont été dépensés cette année, il estime qu'il est inconcevable de ne pas ressentir les effets positifs de cet investissement.

Mais cet autre vendeur établi non loin de là, ne semble pas avoir la même appréciation."Nous bénéficions de l'eau, des sanitaires et de l'électricité, et il parait que la sécurité sera assurée dès demain", confie Boyel Ka, tout en assurant n'avoir aucun problème.

Il déplore néanmoins la cherté de l'aliment de bétail, avant de plaider pour "une aide d'urgence afin que l'aliment de bétail subventionné à 40 pour cent par l'Etat nous parvienne rapidement pour atténuer le coût".

Kalidou Thierno Ba, responsable du point de vente de Liberté 5, assure lui aussi que "tout va bien", dans la mesure où il y a de l'électricité, des toilettes mobiles, des citernes d'eau, un préventionniste, un vétérinaire. En outre, aucun cas de vol n'a été enregistré, assure-t-il.

"Nous n'attendons que l'installation de tous les vendeurs pour faire venir l'aliment de bétail subventionné par le gouvernement et pouvoir le faire le dispatching entre les ayants droit', a-t-il ajouté.

En revanche, les commerçants rencontrés dans les autres points de vente visités, eux, s'inquiètent de la rareté des clients.

Si Kalidou Thierno Ba, responsable du point de vente Liberté 5, estime qu'il y a beaucoup plus de moutons cette année par rapport aux années précédents et que les clients viennent petit à petit, Momar Agne, opérateur depuis quelque dix années, lui n'est pas du même avis.

"Je pense qu'il faut reconnaître que la crise économique a réduit la bourse des Sénégalais au point qu'ils éprouvent d'énormes difficultés à accéder aux moutons", a-t-il noté.

Mais si par le passé il parvenait à réunir son chiffre d'affaire 10 jours avant la Tabaski, cette année, il dit n'avoir "encore rien vu de rassurant".

Trouvé au foirail de Yoff Ndeugagne, Salifou Amadou Sall croit que si les clients se font rare, c'est qu'ils ont, généralement, des difficultés à garder les moutons chez eux. Une situation qu'il explique par le manque d'espaces dans les maisons, les risques de vol et le problème d'entretien du bétail.

A l'Etat, il demande de sécuriser davantage le foirail. Selon lui, à cause de son enclavement, ce lieu est difficilement accessible aux les clients. Et pour des raisons de sécurité, ils hésitent souvent avant de s'aventurer dans cet endroit "hautement dangereux" et propice au banditisme.


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