Ziguinchor — Le Centre national d'action antimine en partenariat avec l'Unicef a offert mercredi un lot de matériel aux établissements scolaires et aux populations des localités de Ziguinchor touchés par les mines et les Restes explosifs de guerre (REG).
Le don comprend des cahiers, des bassines et des seaux. La cérémonie s'est déroulée à la gouvernance, en présence des autorités administratives, académiques, des représentants d'ONG, etc.
L'Etude d'urgence sur l'impact des mines en Casamance (EUIMC) a identifié "93 villages affectés par les mines et/ou Restes d'explosifs de guerre, 149 zones suspectes dont approximativement 63 km de pistes, sentiers et routes".
Sur les 149 zones suspectes, 27 seulement ont fait l'objet d'un marquage et parmi elles deux l'ont été par des militaires. Les 25 autres ont fait l'objet de marquages artisanaux souvent réalisés par les populations elles-mêmes, selon la même étude.
Le document renseigne aussi que la région de Ziguinchor englobe 54 des 93 localités contaminées alors que celles de Kolda et de Sédhiou en comptent 39.
Dans le cadre des opérations de déminage humanitaire entreprises par le Centre national d'action antimines en collaboration avec Handicap International, quelque 107 mines ont été neutralisées en Casamance.
Ces statistiques prennent en compte les résultats de la phase pilote de déminage démarrée en 2008 et qui concernait les localités de Kandialang, Soukouta, Boutoute et Mandina Mancagne.
Pour cette opération, quelque dix-sept mines avaient été neutralisées sur une surface de près de 42.000 m2 en collaboration avec Handicap international, grâce à un financement belge.
A ces quatre localités se sont ajoutées celles de Bacounoum, Dar Salam, Etafoune et Kaguite, soit plus de 79.000 m2 de surface dépolluée. A Kaguite, les opérations de déminage sont toujours "en cours", signale-t-on.
Le Sénégal, conformément à la Convention d'Ottawa sur les mines, s'est engagé à extraire de son sol, la dernière mine le 1-er février 2016 et non plus en 2009 comme initialement arrêté.
Dans cette perspective, une Stratégie nationale de lutte anti-mines, adoptée en 2004, a été validée au mois de mai au ministère des Affaires étrangères par la Commission nationale pour la mise en uvre de la convention d'Ottawa.
Pour le directeur du Centre national d'action antimines du Sénégal (CNAMS), Pape Omar Ndiaye, "la volonté, les outils et l'engagement sont là". Mieux, selon lui, "le Sénégal a la confiance des partenaires au développement".
Toutefois, a-t-il précisé, "le déminage est tributaire de la bonne avancée du processus de paix". Depuis quelques mois, un regain de violence a été noté dans la région Sud.
Comments Post a comment