Fraternité Matin (Abidjan)

Nigeria: Livre - Loulou Dedola dénonce l'univers impétueux de la mafia nigériane

Abidjan — African Mafia, c'est le voyage initiatique que fait Loulou Dedola, un enfant de la banlieue lyonnaise, au coeur de la mafia nigériane, qui jouit d'une connexion avec la mafia Russe, italienne. L'auteur a présenté son premier roman, mardi à la presse au cours d'une rencontre qui a eu lieu dans la soirée à Mediapolis, aux Deux Plateaux.

Auteur, compositeur, interprète, Loulou Dedola, leader du groupe RCP, qui publie sa première oeuvre littéraire sous le titre African Mafia, a su capitaliser ses nombreuses tournées musicales en Afrique pour démarrer un travail d'investigation et même d'infiltration de réseaux criminels africains. Il prend prétexte de la vie conjugale débridée de son personnage Nino, qui malgré son épouse Christiane, mène une deuxième vie avec sa maîtresse Gress, qui elle travaille dans la mafia nigériane et se prostitue pour avoir le passe-droit pour une aventure en Europe.

L'auteur amène le lecteur dans un univers où se mêlent show-business, banlieue, néocolonialisme, révèlent par la même au grand public, l'existence de la plus grande Mafia au monde. Une organisation qui évolue très loin de la surexposition médiatique de ses consoeurs italiennes et russes. Le post-facier de cet ouvrage sur la 4è de couverture écrit : « Il est étonnant et fascinant à la fois de voir à quel point l'auteur de par son vécu, réussit à nous plonger dans les ramifications et le mode de fonctionnement de l'organisation criminelle nigériane, qui constitue à mes yeux le plus grand service provider des groupes mafieux internationaux »

Corse et originaire de Lyon qui abrite le plus grand bazar à ciel ouvert du monde, Loulou Dedola connaît bien l'histoire et le fonctionnement de la Mafia italienne avec la Camora et se souvient bien comment de ramasseur de tomate, les jeunes nigérianes venues de Benin City, se sont muées en Italie, en prostituées et ont crée des réseaux de transfert de leurs soeurs de Bénin city en Europe.

Ce trafic humain qui rappelle de triste mémoire, la traite négrière, se fait selon un rituel religieux qui lie par un serment les candidates à l'aventure. Et avec la complicité coupable de leurs parents. Les tanties nigérianes qui vivent en Europe et qui financent les réseaux de prostitution, paient le voyage, mais qu'il faudra rembourser au prix fort pour acquérir son indépendance. Faire le commerce de la chair et rembourser deux fois plus comme avec les usuriers mais surtout faire les rites du vaudou avant son départ et faire le serment de donner sa langue au chat. C'est dans cette pratique et dans cet univers que sexe et drogue se mêlent pour recomposer la personnalité des jeunes filles. L'auteur, qui est un africain dans l'âme (il a fait plusieurs voyages au Nigeria, il connaît la Côte d'Ivoire depuis 1993, d'où est originaire son épouse de l'ethnie « akyé » avec leurs quatre enfants) dénonce l'instrumentalisation de la religion à des fins peu orthodoxes.

Il adopte deux principes d'écriture. Le style de Flaubert, le sentimental, où il alterne les phrases longues et bien ciselées avec des phrases courtes et faire une bonne asymétrie, il confronte le français classique avec le « nouchi », « le pidgin ». Il emprunte aussi à Honoré de Balzac avec la description des personnages existants mais campés dans un autre univers différent du sien et réel. L'auteur a su saisir la chance que lui a offerte Eric Favre, un homme d'Affaires Lyonnais qui opère dans la parapharmacie et qui a cru en lui et a financé son livre.


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