Fasozine (Ouagadougou)

Burkina Faso: Décès de Oussouna Sawadogo - «Un baobab est tombé à Nemnin»

Depuis le samedi 14 novembre 2009, le quartier Nemnin au secteur 12 en particulier, et le Burkina en général pleurent la disparition de Oussouna Sawadogo, des suites d'une longue maladie, de laquelle l'un des tout premiers infirmiers de la Haute Volta, aujourd'hui Burkina Faso, n'a jamais pu se relever.

Pourtant, aux dires des ses proches et selon le corps médical soignant, jusqu'à son dernier souffle, le «Vieux», il est né le 20 mars 1925 à Kaya, dans la province du Sanmatenga, n'a jamais voulu laisser la maladie prendre le dessus sur lui. «Il avait encore son téléphone pour régler les affaires de famille et du quartier», affirmait, le regard triste, l'un de ses anciens voisins. C'est «un baobab qui est tombé à Nemnin», a fini par soupirer l'homme aux cheveux et à la couronne grisonnants. Pour son côté altruiste et ses qualités de rassembleur, El Hadj Sawadogo comptait, de son vivant, peu de rivaux.

Mais c'est surtout son savoir inestimable en matière de santé et ses aptitudes de pédagogue de choix qui ont fait de lui une référence, partout où il a servi l'Etat voltaïque, en tant qu'infirmier. En effet, nanti de son certificat d'étude indigène obtenu à l'école primaire de Dédougou dans la province du Mouhoun, le jeune Oussouna est commis expéditeur à la poste de Bobo Dioulasso, avant d'entrer à l'école des infirmiers. Celui qui a été conduit à sa dernière demeure, au cimetière de Toudougwéogo, le dimanche 15 novembre dernier par une foule nombreuse de parents, proches, amis, quelques rares anciens collègues, et anonymes, aura connu une vie professionnelle assez mouvementée.

Affecté d'abord en 1956 au poste médical de Pô dans le Nahouri, il déposera ses pénates à Rollo dans le Bam en 1959, localité dont il a ouvert le centre médical. En 1962, Feu Oussouna Sawadogo intègre de façon brillante, le cercle très réduit des spécialistes en chirurgie de l'époque. C'est en 1967 qu'il rejoindra l'hôpital Yalgado Ouédraogo, où il est affecté au bloc opératoire. Le bistouri n'avait plus de secret pour celui-là même qui faisait partie des premiers Voltaïques à pratiquer des interventions chirurgicales. C'est ainsi qu'il a eu la lourde responsabilité d'encadrer en chirurgie, les premiers médecins voltaïques, tels les professeurs Wiminga, Sanou et Taoko, qui font, de nos jours, la fierté du Burkina en la matière.

Heureux du devoir accompli et de nombreuses vies sauvées, «logtoré» (infirmier ou médecin en mooré, langue nationale du Burkina), sera admis à la retraite en 1980. Pour tous ces services rendus à la Nation, le père du Bâtonnier Harouna Sawadogo, aîné de la famille, suite au décès de sa grande soeur Korotimi (elle a fait les beaux jours de la Radio nationale), sera décoré à plusieurs reprises. Il sera notamment fait Chevalier de l'ordre du mérite voltaïque, le 5 août 1969, et Officier de l'ordre de mérite voltaïque, le 1er mars 1977. Musulman pratiquant, El Hadj Oussouna Sawadogo, a accompli deux fois, en 1973 et 1976, le voyage en Terre sainte de la Mecque. Entre le bloc opératoire et la mosquée, ce grand amoureux du ballon rond fait une halte au stade où il partage avec bien d'autres, sa flamme de supporter de l'Asfa-Yennenga, l'un des grands clubs de football de la capitale.

Le président du conseil éditorial et les employés du Groupe de presse Fasozine, présentent à la famille éplorée, leurs sincères condoléances. En Afrique, on dit que les morts ne sont pas morts».


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