Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Investir dans l'enfant

Kinshasa — La communauté humaine commémore la Journée internationale de l'Enfant. L'occasion est ainsi donnée aux décideurs, encadreurs, parents, enfants, ainsi qu'aux institutions et organismes divers d'évaluer le chemin parcouru depuis une année, aux fins de se fixer de nouveaux objectifs pour le futur.

Certes, les manifestations organisées autour de la Journée ont traditionnellement pour but de rappeler tant aux instances nationales qu'aux institutions internationales leurs devoirs en faveur des enfants.

Plus concrètement, la Journée internationale de l'Enfant réitère les résolutions de l'Assemblée générale de l'ONU relatives à la promotion et la protection des droits des enfants.

Les pouvoirs publics et les parents sont donc invités, entre autres droits, à prendre en charge la santé des enfants, investir dans leur instruction, promouvoir leur développement intégral, assurer leur protection contre tout acte de violence, déférer devant la justice les auteurs et les complices des actes de violence commise à leur égard.

Côté théorie, la Convention relative aux droits de l'enfant est un bel ensemble cohérent d'objectifs à atteindre pour l'intérêt de l'enfant. Elle implique, à cet effet, l'Etat, les parents, les enfants et la communauté. Cependant, en cette journée du 20 novembre 2009, la RD Congo peine à accorder la priorité de traitement à l'enfant.

Aussi bien les institutions de la République que les établissements d'enseignement primaire, secondaire et professionnel ne méritent pas d'éloges. Face à leurs obligations envers les enfants, ils peuvent être considérés comme ayant été soit absents, soit négligents, soit encore infanticides.

Objectivement, la RDC n'a pas encore de politique en matière de promotion et de défense des droits de l'enfant. L'unique point positif à son actif peut se résumer à la promulgation, en janvier 2009, de la Loi 09/001 portant protection de l'enfant. Long demeure alors le chemin à parcourir pour atteindre le stade de sa matérialisation.

Nul doute que la Loi du 10 janvier 2009 est un bon geste dans la bonne direction. Il n'est qu'honnête d'encourager le gouvernement et le Parlement pour leur initiative. Mais l'étape décisive, la plus significative, sera la phase d'application des 202 articles que comporte cette loi.

Cela nécessitera des Pouvoirs publics l'expression sans ambiguïté de leur volonté politique d'honorer leur texte. Cela exigera également des partenaires leur disponibilité à accompagner la RDC dans ce chantier dédié à l'enfant congolais.

Le succès de cette croisade commune dépendra aussi de la collaboration des parents et des enfants. La société congolaise y a sa part de devoirs. Elle ne saurait se poser en spectatrice, face aux évidences actuelles. Vivement, investissons dans la jeunesse.


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